Affichede l'exposition Azzedine Alaïa et Balenciaga, sculpteurs de la forme. Catalogue de la galerie des sculptures du Petit Palais. Catalogue de l'exposition "Paris Romantique 1815-1848" au Petit Palais. Maurice Marinot - The glass 1911-1934. Catalogue de l'exposition "Derain Balthus Giacometti" au Musée d'Art Moderne . Catalogue de l'exposition "La Mode retrouvée" au Palais Au18, rue de la Verrerie, l'exposition « Alaïa et Balenciaga, sculpteurs de la forme » raconte une histoire de transmission et de mémoire. Jusqu'au 28 juin. Ala rencontre de Dominique Levy, photographe du 15ème Hugo Pascual 27/03/2017 Un commentaire A l’occasion de l’exposition « Entre Structure et Nature » à l’espace Cévennes, dont elle partage l’affiche avec le peintre Bernard Dugacek, nous sommes allés à la rencontre de Dominique Lévy, photographe et habitante du 15ème. Lesamoureux de mode et de haute couture filent à la galerie Azzedine Alaïa pour découvrir une exposition autour des créations de Cristobal Balenciaga et d'Azzedine Alaïa, intitulée Alaïa Établissementsde Paris, Quand deux monstres sacrés de la mode dialoguent entre eux à travers leurs créations. La galerie Azzedine Alaïa invite les Terminales Commerce Luxe Haut de Gamme & leurs professeurs à la superbe exposition Alaïa et Balenciaga, Sculpteurs de la forme. Amateurs / amatrices de mode, nos élèves y découvrent 80 modèles imaginés par les deux musique: Chilltronic de RKVC http://itunes.rkvc.nethttp://amazon.rkvc.netYouTube: http://bit. Exposition«Alaïa et Balenciaga, sculpteurs de la forme», à la Galerie Azzedine Alaïa, 18, rue de la Verrerie 75004 jusqu’au 28 juin. #azzedinealaia #balenciaga #exposition #paris sCrdTXN. Cristóbal Balenciaga Eizaguirre, né le 21 janvier 1895 à Getaria Pays basque espagnol et mort le 23 mars 1972 à Xàbia Communauté valencienne, est un couturier et modiste espagnol. Il est l'un des plus grands couturiers, unanimement reconnu par ses pairs et surnommé le maître » ou encore le couturier des couturiers ». S'il débute bien avant la Seconde Guerre mondiale, c'est durant les années 1950 qu'il transforme totalement la silhouette féminine, la faisant évoluer pour atteindre finalement son apogée au début des années 1960. Son style classique et épuré lui vaut de compter parmi ses clientes fidèles les Reines d'Espagne et de Belgique, la Princesse Grace de Monaco et la Duchesse de Windsor. Son travail a influencé de nombreux couturiers, tels que Oscar de la Renta, André Courrèges qui travailla dans son atelier, Emanuel Ungaro et Hubert de Givenchy qu'il aida. En 1968, le couturier décide de se retirer. La marque Balenciaga, appartient de nos jours à la holding française Kering. Biographie Débuts en Espagne Cristóbal Balenciaga Eizaguirre est né le 21 janvier 1895 à Getaria[1], village de pêcheurs dans la province de Gipuzkoa au Pays basque espagnol[2]. Il grandit dans un environnement modeste, entouré par son père marin-pêcheur et maire du village, de sa mère, couturière et de ses deux frère et sœur, Augustina et Juan Martín. Son père meurt jeune et laisse la mère de Balenciaga, Martina Eizaguirre, sans ressources et ses trois enfants à charge. Martina, qui enseigne sa profession aux jeunes filles du village, initie très tôt Cristóbal à la couture, lui transmet son savoir-faire et sa passion. Selon la légende, c'est à l'âge de douze ans que la marquise de Casa Torres, alors cliente de Martina, remarque son don et son habileté. Elle lui confie alors une de ses robes en lui demandant de la reproduire. Il s'exécute, laissant transparaître son talent inné pour la couture et elle lui en commande d'autres[3]. La marquise va ensuite l'encourager et le pousser à persévérer dans cette voie, et en 1908 il entre en apprentissage chez Casa Gomez de Saint-Sébastien comme tailleur[3]. À seize ans, il part quelques mois à Bordeaux pour parfaire son français. Un an plus tard en 1912, il entre au magasin du Louvre de Saint-Sébastien, rue Hernani, comme ouvrier aux côtés de Mademoiselle Victoria, première d'atelier pour dames. Il deviendra ensuite à son tour chef d'atelier chez New England[4]. À la fin des années 1910, sûr de son talent, il ouvre sa première maison de couture, rue Vergara, Saint-Sébastien, sous le nom de C. Balenciaga[3] et engage une trentaine d'ouvrières. L'année suivante, les sœurs Benita et Daniela Lizaso s'associent à lui et injectent des capitaux dans son entreprise qui portera désormais le nom de Balenciaga y Compañía[4]. Saint-Sébastien étant la résidence d'été de la cour d'Espagne, son talent l'amène à côtoyer et à habiller la famille royale, notamment la reine Victoria Eugenia et la reine mère María Cristina. Avec elles, c'est toutes les dames de la société qui deviennent clientes régulières de Balenciaga et sa renommée se consolide rapidement. Il effectue des séjours à Paris où il se fait connaître comme acheteur chez les couturiers[5]. Il y rencontre Worth, Jeanne Lanvin, Chéruit, Paquin, Lelong et notamment Coco Chanel avec qui il va lier une étroite amitié jusqu'à la fin de sa vie. La fin de la monarchie espagnole en 1931 signe la fin d'une époque, sa clientèle privilégiée commence à disparaître. Mais fort de son succès et déjà bien entouré, notamment par Wladzio d'Attainville, fils d'une de ses clientes, Balenciaga ouvre une seconde maison de couture à Saint-Sébastien mais qui ferme rapidement. C'est au début des années 1930 qu'il ouvre une maison à Madrid[3], rue Caballero de Gracia. Sa seconde maison ayant fait faillite, Balenciaga n'a plus le droit d'user de son nom pour ses maisons. C'est donc le nom de sa mère Eisa Eizaguirre que vont désormais porter ses maisons de couture, Eisa Costura. Quelques années après, une autre maison voit le jour à Barcelone[3], 10 rue Santa Teresa, dans son hôtel particulier. Paris Mais la Guerre civile de 1936 l'oblige à quitter l'Espagne et à fermer ses trois maisons de couture, existant déjà depuis presque vingt ans. Il tente dans un premier temps de se réfugier à Londres et de travailler chez Worth et chez Rouff. Mais dès juillet 1937, il s'installe à Paris et ouvre une maison au 10, avenue George-V[1] sous le nom de Balenciaga, grâce à un mécène et à quelques fabricants de tissus français qui le connaissent du temps où il venait se fournir chez eux pour la cour espagnole[n 1]. Il présente sa première collection parisienne en août 1937, qui remporte immédiatement un franc succès[6]. Le Daily Express le surnommera même le jeune Espagnol qui révolutionne la mode ». Un autre défilé deux ans plus tard, où il présente cette fois une collection inspirée du Second Empire français, remporte lui aussi un vif succès. À la fin de la guerre d'Espagne, Balenciaga décide de rouvrir ses maisons locales. Celle de Madrid déménage rue José Antonio, sur les recommandations de la marquise de Casa Torres et compte désormais deux-cent cinquante employés ; sa sœur en prend la direction en 1948, jusqu'à sa fermeture en 1968. Son neveu, José Balenciaga, quant à lui, dirige celle de Barcelone. Il continue d'habiller l'aristocratie espagnole mais également des personnalités. Son succès grandissant, il élargit sa maison parisienne en 1939 en rachetant les locaux de Mainbocher, mitoyens aux siens avenue George-V. La Seconde Guerre mondiale ne l'arrête pas, il fermera juste sa maison en juillet 1940 pour la rouvrir en septembre afin d'éviter d'être réquisitionné. Les collections qui suivent pendant cette période de restriction sont des collections réduites pour une clientèle privée, fidèle à sa mode. Il introduit l'usage de la broderie et la passementerie dans ses robes du soir durant cette période. À la fin de la guerre en 1945, il faut reconquérir le public et relancer la haute couture parisienne. Il participe donc au Théatre de la Mode, exposition itinérante, installée dans un premier temps au Pavillon de Marsan à Paris où sont mises en scène des figurines habillées par les plus grands couturiers de l'époque. L'arrivée de Christian Dior en 1947 créé un véritable raz-de-marée dans l'univers de la mode mais Balenciaga n'en est pas pénalisé pour autant, lançant sa ligne Tonneau »[7]. Sa réputation est déjà bien établie auprès de la presse et de ses clientes à l'international, et sa mode ne peut faire concurrence à celle de Dior, les deux styles étant très différents. Dior ira même jusqu'à appeler Balenciaga notre maître à tous ». En 1948, la collection est encensée par Carmel Snow[8]. Cette année-là, Balenciaga doit faire face au décès de son proche collaborateur Wladzio d'Attainville, le 14 décembre. Va s'ensuivre une période difficile où il envisage d'arrêter toute activité mais Dior réussit à le convaincre de ne rien abandonner. Il lance son premier parfum Le Dix, allusion à l'adresse de sa maison de couture à Paris, à cette période ; le deuxième suivra quelque temps plus tard La fuite des heures, puis un troisième Quadrille. Il ouvre également une boutique au 10, avenue George-V, dans la partie rachetée à Mainbocher qui sera entièrement décorée par Christos Bellos. André Courrèges intègre l'atelier Balenciaga en 1950 comme assistant. Les années cinquante voient Balenciaga ne se donner qu'à son œuvre, sa mode. Ce sera sans doute la décennie la plus importante de sa carrière, chaque collection voit fleurir une nouvelle pièce maître ». Il passe du temps à recréer sa silhouette, à la parfaire. Chaque nouveau défilé est un réajustement du précédent, les coupes et les volumes sont affinés ; la presse de mode approuve. Ses créations de cette époque font appel aux manches melon, aux jupes ballon et à des tissus volumineux et lourds. L'année d'après, Balenciaga revient à des lignes plus fluides, avec des tailleurs semi-ajustés, cintrés devant et vagues derrière ; cette ligne sera appelée par Carmel Snow du Harper's Bazaar la semi fitted look[9] ». Il présente en 1955 la tunique, robe étroite deux pièces aux lignes droites et épurées. Vogue écrit Les changements que Balenciaga apporte chaque saison suffisent à faire dire que la femme Balenciaga de l'année est la référence même de la mode, la quintessence quasi-prophétique du moment[10]. » Il compte dans sa clientèle beaucoup de personnalités[2], notamment les actrices comme Marlène Dietrich, Ginger Rogers, Alice Cocéa, ou Carole Lombard, mais ne participe à aucun essayage excepté ceux de quelques amies privilégiées. Balenciaga possède un appartement à Paris, avenue Marceau mais également une maison près d'Orléans, La Reyneirie, ainsi que deux appartements en Espagne, l'un à Madrid et l'autre à Barcelone. Mais le seul endroit où il se plaise totalement, exceptée sa maison de couture parisienne, est sans doute sa maison à Igeldo, Guipuscoa au Pays basque. En 1958, Balenciaga fait un voyage aux États-Unis et veut constater par lui-même son succès outre-Atlantique, tant la presse américaine parle de lui et les riches Américaines sont de fidèles clientes. Là-bas il découvre les usines de fabrication de prêt-à-porter et se rend compte que sa mode ne pourra jamais adhérer à ce mode de fabrication à grande échelle où tout est confectionné sur des machines. Il appartient au monde de la haute couture et de l'élégance et ne veut en aucun cas perdre ce qui lui donne tant de valeur. Très indépendant, il refuse également d'intégrer la Chambre syndicale de la haute couture pour continuer à créer sans devoir se plier à certaines contraintes[n 2] et grâce à sa clientèle internationale extrêmement riche, il réussit à maintenir un chiffre d'affaires presque aussi important que les autres maisons de couture, avec un mode de fabrication beaucoup plus artisanal et un personnel moindre. Ses maisons espagnoles sont très importantes pour le bon fonctionnement de son entreprise, les matières et fournitures dont il use sont moins chères en Espagne, il crée donc pour moins de frais. Le 12 mai de la même année, Balenciaga est fait Chevalier de la Légion d'honneur pour sa contribution à l'industrie de la mode[6]. Il crée la même année les robes Baby Doll »[12] et en queue de paon, longues derrière et courtes devant. Au début des années 1960, Il lance le parfum Eau de Balenciaga ». Les parfums Balenciaga resteront une activité très annexe pour la maison[9]. Balenciaga commercialise peu après une élégante ligne de vêtements de style sport. En 1966, Le Yorkshire Post titre La bombe Balenciaga »[9]. Son style devient de plus en plus épuré mais est toujours autant acclamé par la presse internationale. L'année 1968 est une année de bouleversement social en France. C'est également le cas pour Balenciaga qui ne se retrouve plus dans les nouveaux codes et mœurs prônés par la société française, selon lui le luxe, l'élégance et la couture n'ont plus leur place dans ce nouveau monde. Je ne suis pas fait pour habiller les gens de la rue » dit-il[10]. Les années Courrèges » et de la minijupe, le prêt-à-porter[n 3] auront eu raison de sa créativité[9] et il présente sa dernière collection haute couture[16]. Il prend donc la décision de fermer toutes ses maisons de couture après trente ans d'activités parisiennes, ce qui plonge le monde de la mode dans un grand désarroi ainsi que les centaines d'employés qui travaillaient pour lui jusqu'alors. Dans la seule interview qu'il donna de toute sa carrière, en 1971 au journal The Times, il déclara C'était une vie de chien. » Projet initié début 1968, il dessine tout de même l'année 1969, d'après une commande d'Air France, les uniformes des hôtesses de l'air de la compagnie nationale[n 4],[17]. Deux ans plus tard, la maison équipe le personnel au sol d'une tenue différente. Malgré tout, dès le début, les uniformes rencontrent de nombreuses critiques[9],[n 5]. Il se retire ensuite en Espagne, dans sa maison d'Igeldo. On ne le reverra publiquement que lors de l'enterrement de Gabrielle Chanel en 1971, et son dernier travail dans le monde de la mode sera la création d'une robe de mariée pour la Duchesse de Cadix, Carmen Martínez-Bordiú y Franco en 1972 puis meurt le 23 mars d'une crise cardiaque à Xàbia, âgé de 77 ans. Il se fait inhumer à Getaria, sa ville natale. Reconnaissance Le Roi est mort » titre la bible de la mode en mars 1972 sans qu'il soit utile de préciser son nom[18]. Le couturier des couturiers[19] », le plus grand d'entre eux[20],[21],[22], vient de mourir et reste dans la mode comme étant le plus respecté, vénéré et admiré[23],[24]. En Espagne à ses débuts, Balenciaga achète des modèles aux couturiers parisiens, qu'il adapte, tout en réalisant ses propres créations[3] ; rapidement, Madeleine Vionnet reconnait son talent et l'encourage à ouvrir sa maison[18]. Peu après l'ouverture de celle-ci, Vogue écrit que ses créations traverseront l'histoire, […] comme il ne suit aucune autre mode que la sienne, tout le monde le suit[23]. » Jusqu'à la fin des années 1940, Cristóbal Balenciaga est un couturier reconnu pour la grande qualité de ses réalisations et leur simplicité, sans la prédominance sur la haute couture qu'il imposera peu après[19]. Mais un événement va le faire se renouveler et laisser éclater sa créativité[4]. En 1947, alors que Christian Dior révolutionne la silhouette féminine avec son New Look, Balenciaga — son ami — refuse cette mode corsetée et contraignante pour la femme. Architecte de la haute couture[3] » ne cédant pas aux tendances[25],[26], il transcende la saisonnalité de la mode avec ses silhouettes sobres[n 6], durables, pragmatiques mais sophistiquées ; il a la clientèle la plus élégante du monde » écrit Vogue[23],[n 7]. Dans les années 1950, celui que Dior surnomme notre Maître à tous[29],[1] » remodèle la silhouette féminine, puis l'épure[18] incarnant à la fois le classicisme absolu et la modernité, Balenciaga devient insurpassable[4]. » Prudence Glyn, journaliste au Times, à qui le couturier donnera l'unique interview de sa vie[22], précise que ces années-là, Dior est devenu un mot familier grâce à l'influence du New Look mais pour les puristes il y avait qu'une seule direction dans laquelle il fallait regarder, Cristóbal Balenciaga[18]. »[n 8] Gabrielle Chanel, que Balenciaga admire » et à qui il donnera son amitié jusqu'à sa mort en 1971[18], le cite comme le seul couturier existant[31], considérant tous les autres comme de simples dessinateurs de mode »[18],[n 9]. La haute couture est un grand orchestre que seul Balenciaga sait diriger, tous les autres créateurs que nous sommes suivons simplement ses indications » dit Christian Dior[27]. Pour beaucoup il reste une énigme[22] Balenciaga n'a pas de date symbolique comme peut l'avoir Dior, ou un style particulier comme celui de Chanel[18]. Il n'est pas un phénomène culturel comme le sera Yves Saint Laurent plus tard. Refusant les interview à cause de l'impossibilité absolue qu'il a d'expliquer son métier[18] », rarement vu en public, sa vie privée est inconnue, ainsi que ses relations[4] ; il fuit la presse, la publicité[18],[11], n'est d'aucune corporation, même pas inscrit à la Chambre syndicale[4]. Ses défilés — silencieux — sont réservés à quelques privilégiés triés sur le volet[4]. Certains journalistes, exaspérés, vont jusqu'à spéculer de son existence[18]. Le maître[27] » refuse la mode pour ce qu'elle est, préférant le travail de coupe et le dessin de la silhouette[9]. Ce mystère qui l'entoure ne l'empêche pas d'obtenir des parutions dans les plus grands magazines mondiaux, grâce, entre autres, au soutien clairement affiché des très influentes journalistes Diana Vreeland[n 10] et surtout Carmel Snow qui le désigne comme le nec plus ultra de la mode[29] »[n 11]. Dès 1948, après avoir assisté à la collection du couturier, cette dernière décide de ne porter que du Balenciaga toute sa vie ; ce qu'elle fera elle est retrouvée morte dans son lit en 1961, vêtue ainsi[8]. Par la suite, c'est le puissant John Fairchild du WWD qui parachève la réputation de Balenciaga. L'air hautain de Lisa Fonssagrives ou Dovima saisi par Henry Clarke, Louise Dahl-Wolfe, Georges Dambier, Richard Avedon ou Irving Penn puis affiché en couverture de Vogue ou d'Harper's Bazaar, perpétue la diffusion de l’élégance Balenciaga. Pourtant loin d'être austère[18], il maintient une ambiance monacale dans sa maison et ses ateliers[18] où le silence règne. En 1991 dans Vogue, Hubert de Givenchy, qui est largement soutenu par son mentor Balenciaga à ses débuts, décrit le couturier espagnol comme un homme gracieux, élégant, pieux, simple, talentueux »[23], disant par la suite que Balenciaga était ma religion. Depuis que je suis croyant, pour moi, il y a Balenciaga et le Seigneur[33]. » La métaphore, pour le couturier espagnol si proche de l'Église catholique[4] et dont les références au costume religieux sont fréquentes[34], est souvent utilisée à différents niveaux Le moine de la couture » ou l'évêque de la modernité » tel qu'on le nomme parfois[22],[35], serait — et de loin — le pape de la couture moderne. Un homme au-dessus de tout soupçon, inattaquable et jamais égalé. Le deus ex machina de la machine à coudre que ni Chanel, ni Vionnet, ni Dior n'oseront jamais critiquer. […] si Dior a pris le pouvoir, le nouveau temple de la mode a désormais une nouvelle adresse, le 10, avenue George-V. »[4] Balenciaga continue de régner sur les esprits comme sur les ateliers de haute couture »[4] ; la légende de la mode[9] » est, depuis ses débuts et encore de nos jours, totalement intouchable[4],[36]. L'œuvre Robes de Cristóbal Balenciaga. Considéré comme le plus grand des grands couturiers du XXe siècle, l'œuvre de Balenciaga a accompagné de près l'évolution vestimentaire de la femme durant la première moitié du siècle. Son style, net » et épuré » aux lignes fluides, se caractérise par la sobriété, les combinaisons de couleurs audacieuses et son inspiration espagnole, comme les robes infante[24]. Durant les années quarante, il introduit des broderies et de la dentelle[24]. Balenciaga puise dans le passé pour ses robes aux formes amples et arrondies, à l'opposé des silhouettes cintrées de Christian Dior, mais également dans les peintres classiques ou les costumes folkloriques[24]. Durant ses plus grandes années, vers 1950, il sera souvent opposé, avec ses lignes fluides, au New Look de Dior qui triomphe alors à Paris et dans le monde[1] à partir de 1947[7]. Viennent ensuite les lignes tonneau, au dos arrondi et à la taille décentrée, semi-ajustée, en 1951, la veste ballon en 1953 enveloppant le haut du corps dans un cocon[1], la robe tunique à la ligne droite et proche du corps deux ans plus tard, enfin la robe-sac et la robe-chemise en 1957[24]. C'est avec un unique morceau de tissu qu'il créé un manteau d'apparence sans couture » en 1961[7]. Musée Le Cristóbal Balenciaga Museoa a été inauguré en 2011 à Getaria, la ville natale de Balenciaga. Il occupe deux bâtiments, l'ancien Palais Aldamar construit au XIXe siècle et une annexe moderne conçue par l'architecte Julián Argilagos. Le musée présente dans six salles la vie et l'œuvre de Balenciaga. Vie privée Cristóbal Balenciaga était homosexuel, bien qu'il ait gardé sa sexualité privée tout au long de sa vie. L'amour de sa vie et son partenaire de longue date était le modiste franco-polonais Władzio Jaworowski d’Attainville, qui avait aidé à financer sa mise en place. À la mort d'Attainville en 1948, Balenciaga était tellement brisé qu'il envisagea de fermer l'entreprise. Rachat de l'entreprise 1978 achat de la marque par l'entreprise de chimie Hoechst[10]. 1986 acquisition de Balenciaga par le groupe Jacques Bogart[16]. 1987 collection de prêt-à-porter, par Michel Goma, nommée Le Dix en hommage au parfum lancé en 1947[10]. 1992 le Belge Josephus Thimister remplace Michel Goma[10]. 1995 premiers pas de Nicolas Ghesquière chez Balenciaga 1997 Nicolas Ghesquière est nommé à la direction artistique[37], puis présente sa première collection de prêt-à-porter féminin. Il va transformer la marque dans les années suivantes[38]. 2001 acquisition de la maison par la marque italienne Gucci, qui sera intégrée deux ans plus tard au département luxe du groupe PPR, désormais nommé Kering. 2011 ouverture du musée Balenciaga au Pays basque[39],[40]. 2012 arrivée de Alexander Wang à la direction artistique[41]. 2015 Demna Gvasalia est nommé à la direction artistique[42]. Notes et références Notes ↑ Ouverture de sa maison parisienne en partenariat avec Nicolas Bizcarrondo et Wladzio Jaworowski d'Attainville. ↑ Depuis 1956, le pillage et la copie de ses collections font qu'il décide de ne plus défiler en même temps que les autres couturiers ; la presse internationale est obligée de venir à Paris spécifiquement pour lui[11]. ↑ Au début des années 1960, Balenciaga et Chanel sont les deux seules maisons notables à refuser de créer une ligne de prêt-à-porter[13] ; Chanel s'y résoudra quelques années plus tard. Laurence Benaïm résume plus simplement cette fermeture Balenciaga, qui trouvait que l'époque n'était plus son genre, avait claqué la porte en 1968[14]. » Mais plus que les tendances de l'époque, c'est tout le système économique de la haute couture, impossible à rendre rentable après les années 1950 sans le prêt-à-porter en parallèle, qui s'effondre symboliquement avec cette fermeture Cristóbal Balenciaga […] préféra fermer en 1968 sa maison de couture, plutôt que de passer du côté des confectionneurs[15]. » ↑ Les uniformes des navigants féminins de la compagnie sont constitués d'un tailleur d'hiver composé d'une veste à la taille marquée, avec quatre poches, une jupe s'arrêtant au milieu du genou, avec les poches cachées dans les coutures, ainsi qu'un chemisier, un foulard, et une bombe à petite visière. Le reste de l'uniforme comprend un manteau et un imperméable tous deux identiques dans la coupe, un tailleur d'été avec un calot. Air France fournira en plus, pour la première fois, de nombreux accessoires sac à main, escarpins et bottes, gants[9]… ↑ Il est principalement reproché à la compagnie d'avoir fourni un uniforme peu pratique, dessiné par un couturier hors des tendances de l'époque à la fin des années 1960, André Courrèges, Pierre Cardin, ou Yves Saint Laurent triomphent et sont des couturiers adulés. Le prêt-à-porter a changé les tendances. L'uniforme signé Balenciaga est trop parfait, trop couture, trop bourgeois[9] ». ↑ Carmel Snow écrit Rien n'est plus mystérieux que la simplicité… Comme toujours, on peut s'attendre à ce que l'influence de Balenciaga se manifeste en profondeur, sans bruit, jusqu'à ce qu'elle gagne l'ensemble du monde de la mode. »[27] Balenciaga ira jusqu'à créer un modèle spécialement pour elle qu'elle décrira comme l'ensemble le plus extraordinaire de notre temps »[19]. ↑ Confirmé également en ces termes C'est un des plus grands créateurs de notre temps et ses clientes sont parmi les femmes désignées par la presse comme les mieux habillées du monde[28]. » ↑ Sur la place de Dior et Balenciaga dans le paysage de la haute couture, cette idée est exprimée d'une façon proche dans l'ouvrage En Vogue Parmi les couturiers, pendant que Dior régnait dans les années 1950, Cristóbal Balenciaga, défenseur du style européen et maître de la coupe, restait au plus haut de son pouvoir[30]. » ↑ Avis plusieurs fois souligné, la citation de Chanel est reprise ainsi Lui seul est capable de couper un tissu, de le monter, de le coudre de sa main. Les autres ne sont que des dessinateurs. »[27] ↑ Diana Vreeland dira Quand vous portez une robe de Balenciaga, les femmes autour de vous cessent d'exister[4]. » ↑ Vreeland et Snow sont les deux seules journalistes que Balenciaga accepte[32]. Références ↑ a b c d et e en Design Museum et Paula Reed, Fifty fashon looks that changed the 1950s, Londres, Conran Octopus, 2012, 112 p. ISBN 978-1-84091-603-4, Cristóbal Balenciaga 1953 », p. 30 ↑ a et b Cox, p. 220. ↑ a b c d e f et g Cox, p. 222. ↑ a b c d e f g h i j k et l Kerlau 2013, p. 163 à 202 ↑ Örmen 2012, p. 29 ↑ a et b Olivier Saillard dir., Elsa Rigaux et al., Musée de l'Histoire et des Cultures de l'immigration, Fashion Mix Mode d'ici. Créateurs d'ailleurs, Paris, Flammarion, 2014, 176 p. ISBN 978-2-08-134309-2, présentation en ligne, Cristóbal Balenciaga », p. 91 à 92 ↑ a b et c Cox, p. 223. ↑ a et b en Calvin Tomkins, The world of Carmel Snow », The New Yorker,‎ 7 novembre 1994, p. 148 à 158 ISSN 0028-792X, lire en ligne ↑ a b c d e f g h et i Florence Müller et Eric Reinhardt Conception éditoriale, Élégances aériennes une histoire des uniformes d'Air France, Air France, août 2004, 136 p., L'uniforme couture » de Balenciaga contesté par l'esprit de mai 1968 », p. 62 à 81 ↑ a b c d et e Cox, p. 224. ↑ a et b Örmen 2012, p. 27 On disait que Cristobal Balenciaga était austère, que ses ateliers ressemblaient à un couvent… Il était catholique pratiquant et semblait sans humour et mystérieux. Protégeant farouchement sa vie privée, rétif à la publicité […] » ↑ Örmen 2012, p. 28 ↑ Didier Grumbach, Histoires de la mode, Paris, Éditions du Regard, 2008 1re éd. 1993 Éditions du Seuil, 452 p. ISBN 978-2-84105-223-3, Le prêt-à-porter mal-aimé », p. 149 ↑ Laurence Benaïm, Azzedine Alaïa, le Prince des lignes, Paris, Grasset, coll. Documents Français », octobre 2013, 160 p. ISBN 978-2-246-81055-1, présentation en ligne, Anatomie du temps », p. 121 ↑ Olivier Saillard dir., Anne Zazzo dir., Alexandra Bosc et al. préf. Bertrand Delanoë, Paris Haute Couture, Paris, Skira, novembre 2012, 287 p. ISBN 978-2-08-128605-4, Début et fin de la haute couture », p. 256 ↑ a et b Marie Ottavi, Balenciaga bientôt de retour en haute-couture », Mode, sur Libération, 7 décembre 2012 consulté le 9 décembre 2012 ↑ Quelques détails sur la production et l'anecdote du premier essayage en présence de Balenciaga in Didier Grumbach, Histoires de la mode, Paris, Éditions du Regard, 2008 1re éd. 1993 Éditions du Seuil, 452 p. ISBN 978-2-84105-223-3, Le prêt-à-porter des couturiers », p. 250 ↑ a b c d e f g h i j k et l en Susan Irvine, Vogue on Cristobal Balenciaga, Quadrille Publishing Ltd, coll. Vogue on Designers », septembre 2013, 160 p. ISBN 978-1-84949-311-6, présentation en ligne ↑ a b et c Valerie Mendes et Amy de la Haye trad. de l'anglais par Laurence Delage, et al., La mode depuis 1900 [ 20th Century Fashion »], Paris, Thames & Hudson, coll. L'univers de l'art », 2011, 2e éd. 1re éd. 2000, 312 p. ISBN 978-2-87811-368-6, p. 131 et sv. Souvent surnommé le couturier des couturiers, Balenciaga ouvrit sa maison de couture à Paris en 1937 et lança de nombreux styles tournés vers l'avenir, atteignant sa position prééminente dans la haute couture française après la guerre. » ↑ Jean-Noël Liaut, Modèles et mannequins 1945 - 1965, Paris, Filipacchi, février 1994, 220 p. ISBN 978-2-85018-341-6, BNF 35660421, présentation en ligne, Cristobal Balenciaga », p. 133 Cristobal Balenciaga fut bien plus qu'un simple créateur de talent. Pour beaucoup, il reste le plus grand couturier du siècle. » ↑ Musée Galliéra, p. 3, préface de Bertrand Delanoë Il y a quarante ans, un des plus grands noms de l'histoire de la mode disparait […] l’œuvre du maître couturier. » ↑ a b c et d Musée Galliéra, p. 8 et 9, introduction de Olivier Saillard Violette Leduc avouant sans déception qu'elle ne rencontra pas le maître. Balenciaga, en effet, se refuse à toute interview. Aux dires de certains, il n'en aurait donné qu'une seule au cours de sa carrière. L'homme invisible de la couture française », également nommé le moine de la couture » […] est un être secret. Depuis 1937 […] journalistes et auteurs, rédactrices et directeurs artistiques, à défaut de le rencontrer cherchent à percer le mystère de sa création. […] Sujet de fascination, y compris de la part d'autres couturiers qui apprécient en lui sa maîtrise et sa virtuosité, Balenciaga continue d'envoûter. […] Cristóbal Balenciaga suscite l'admiration […] » ↑ a b c et d Linda Watson trad. de l'anglais, Vogue - La mode du siècle Le style de chaque décennie, 100 ans de créateurs [ Vogue Twentieth Century Fashion - 100 years of style by decade and designer »], Paris, Éditions Hors Collection, 2000, 255 p. ISBN 2-258-05491-5, Balenciaga, Cristobal », p. 95 ↑ a b c d et e Jacqueline Dumaine et Palais Galliera 2014, Le style Balenciaga, p. 60 Pour ses pairs, Balenciaga […] était considéré comme l'architecte de la haute couture. Dior lui-même lui vouait une admiration sans bornes, disant de lui Il est notre maître à tous. » Le vêtement était sa religion. Balenciaga était un technicien hors normes, […] » ↑ Georgina O'Hara Callan trad. Lydie Échasseriaud, Dictionnaire de la mode [ The Encyclopaedia of Fashion »], Paris, Thames & Hudson, coll. L'univers de l'art », 2009 réimpr. 2011 1re éd. 1986, 303 p. ISBN 978-2-87811-327-3, présentation en ligne, p. 21 ↑ Marnie Fogg dir. et al. trad. de l'anglais par Denis-Armand Canal et al., préf. Valerie Steele, Tout sur la mode Panorama des chefs-d’œuvre et des techniques, Paris, Flammarion, coll. Histoire de l'art », octobre 2013 1re éd. 2013 Thames & Hudson, 576 p. ISBN 978-2-08-130907-4, L'âge d'or de la haute couture », p. 299 Cristóbal Balenciaga régna lui aussi au zénith de la haute couture. […] Balenciaga n'avait aucune envie d'influencer la tendance ou de développer une ligne de prêt-à-porter, préférant concentrer la pureté de sa conception sur le sur-mesure. » ↑ a b c et d Noël Palomo-Lovinski trad. de l'anglais par Lise-Éliane Pomier, Les plus grands créateurs de mode de Coco Chanel à Jean Paul Gaultier, Paris, Eyrolles, 2011, 192 p. ISBN 978-2-212-55178-5, Cristobal Balenciaga », p. 94 à 97 Il est considéré par beaucoup, dans le domaine de la mode, comme le maître ». » ↑ Madeleine Delpierre et Davray-Piékolek, Le costume la haute couture 1945-1995, Paris, Flammarion, coll. Tout l'art », mai 1997 1re éd. 1991, 80 p. ISBN 2-08-011236-8, p. 18 à 19 ↑ a et b Didier Grumbach, Histoires de la mode, Paris, Éditions du Regard, 2008 1re éd. 1993 Éditions du Seuil, 452 p. ISBN 978-2-84105-223-3, Les puristes - Cristóbal Balenciaga », p. 122 ↑ Norberto Angeletti, Alberto Oliva et al. trad. de l'anglais par Dominique Letellier, Alice Pétillot, En Vogue L'histoire illustrée du plus célèbre magazine de mode, Paris, White Star, juin 2007, 410 p. ISBN 978-88-6112-059-4, présentation en ligne, 1940-1950 de la Café Society à Christian Dior », p. 140 ↑ Musée Galliéra, p. 11, introduction de Olivier Saillard Mademoiselle Chanel reconnaissait en Cristóbal Balenciaga le seul couturier de son temps. » ↑ Colin MCDowell, Mode pour une presse libre », sur Business of Fashion - 9 octobre 2013 consulté le 22 février 2015 Cristóbal Balenciaga faisait tout son possible pour éviter tout contact avec la presse, à l’exception de Diana Vreeland et Carmel Snow, les grandes dames » du Vogue américain et de Harpers’s Bazaar. Seule Carmel Snow étant réellement adoubée. » ↑ en Leisa Barnett, The French Connection », sur Condé Nast, 4 juillet 2007 consulté le 26 mars 2014 "Balenciaga was my religion," confesses Hubert de Givenchy. "Since I'm a believer, for me there's Balenciaga and the good Lord." » ↑ Marie-Laure Gutton in in Musée Galliera, Les chapeaux de Balenciaga, une création inspirée, p. 29 ↑ Musée Galliéra, p. 12, introduction de Olivier Saillard ↑ Örmen 2012, p. 26 Ce couturier espagnol a laissé sur la mode une empreinte indélébile grâce à ses créations rigoureuses et incroyablement équilibrées, qui ont révolutionné les techniques de coupe. » ↑ Anne-Laure Quilleriet, Les hommes de Balenciaga », sur L'Express, 30 septembre 2010 consulté le 5 avril 2012 ↑ Xavier de Jarcy, Fraîches collections », sur 5 mars 2011 consulté le 9 décembre 2012 ↑ Lucie Dancoing, Balenciaga, immortalisé au musée », sur HFM, 8 juin 2011 consulté le 9 décembre 2012 ↑ Caroline Pigozzi, Un musée sur mesure pour Balenciaga », sur HFM, 1er juillet 2011 consulté le 9 décembre 2012 ↑ Alexander Wang directeur artistique de Balenciaga », sur Le Point, 3 décembre 2012 consulté le 9 décembre 2012 ↑ Eugènie Trochu, Demna Gvasalia nommé directeur artistique de Balenciaga », sur consulté le 7 octobre 2015 Ouvrages utilisés Ouvrages utilisés dans le cadre du Fashion Editathon 2014 Voir aussi Bibliographie Ouvrages Pamela Golbin dir. et Fabien Baron dir. art., Balenciaga Paris, Thames & Hudson, coll. Musée des arts décoratifs », 2006, 216 p. ISBN 978-2-87811-280-1, OCLC 469629760, BNF 40219870 Livre publié à l'occasion de la rétrospective au musée de la Mode et du Textile à Paris, comporte de très nombreuses reproductions de coupures de presse de l'époque. Olivier Saillard, Musée Galliéra et al. préf. Bertrand Delanoë, photogr. Scheltens & Abbenes, Cristóbal Balenciaga collectionneur de modes, Paris, Paris Musées, coll. Catalogue d'exposition », avril 2012, 96 p. ISBN 978-2-7596-0198-1, présentation en ligne Yann Kerlau, Les secrets de la mode, Paris, Éditions Perrin, février 2013, 438 p. ISBN 978-2-262-03923-3, présentation en ligne, De Balenciaga à Zara l'Espagne de l'alcôve à la rue », p. 163 à 202 Catherine Örmen préf. Inès de La Fressange, Un siècle de mode, Paris, Éditions Larousse, coll. Les documents de l'Histoire », octobre 2012, 128 p. ISBN 978-2-03-587455-9, présentation en ligne, Cristóbal Balenciaga l'architecte de la couture », p. 26 à 29. Caroline Cox préf. Cameron Silver, Le luxe en héritage Secrets d'ateliers des grandes maisons, Dunod, 2014 1re éd. 2013, 285 p. ISBN 978-2-10-070551-1, 1918 Balenciaga », p. 220 à 227. Palais Galliera, Alexandra Bosc, Olivier Saillard et al. préf. Anne Hidalgo, Les années 50 la mode en France 1947 - 1957, Paris, Paris Musées, juillet 2014, 259 p. ISBN 978-2-7596-0254-4, Le style Balenciaga », p. 60. Miren Arzalluz, Laurence Benaïm, Gaspard de Massé et Olivier Saillard, Association Azzedine Alaïa, Alaïa et Balenciaga Sculpteurs de forme, Milan, Carla Sozzani, 2020 ISBN 979-10-95313-07-6. Presse Olivier Saillard, Balenciaga l'hypermoderne », L'Express Styles, no 3168,‎ 21 mars 2012, p. 58 à 59 ISSN 0014-5270 Séverine De Smet, Viva Balenciaga ! », Le Nouvel Observateur, no 2474,‎ 5 avril 2012, p. 140 ISSN 0029-4713 Exposition Cristóbal Balenciaga, collectionneur de modes, du 13 avril au 7 octobre 2012, les Docks, Cité de la mode et du design, Paris Balenciage, l'oeuvre au noir, 2017, Musée Bourdelle, Paris Liens externes Ressources relatives aux beaux-arts National Gallery of Victoria de + en Artists of the World Online en Grove Art Online en MutualArt en National Portrait Gallery en + nl RKDartists en Union List of Artist Names Ressource relative au spectacle Les Archives du spectacle Ressource relative à l'audiovisuel Ressource relative à la mode en Fashion Model Directory Notices d'autorité Fichier d’autorité international virtuel International Standard Name Identifier Bibliothèque nationale de France données Système universitaire de documentation Bibliothèque du Congrès Gemeinsame Normdatei Bibliothèque nationale de la Diète Bibliothèque nationale d’Espagne Bibliothèque royale des Pays-Bas Bibliothèque nationale de Pologne Bibliothèque nationale d’Israël Bibliothèque universitaire de Pologne Bibliothèque nationale tchèque WorldCat Id WorldCat Musée Balenciaga Azzedine Alaïa collectionneur – Alaïa et Balenciaga sculpteurs de la forme, Paris, Association Azzedine Alaïa. Du 20 mai au 28 juin 2020. Dans le Marais, rue de la Verrerie, un rendez-vous haute couture incontournable attend les amoureux de l’élégance. Les murs de l’Association Azzedine Alaïa, juste à côté de la librairie, son café, et la somptueuse boutique, accueillent un dialogue époustouflant entre Azzedine Alaia et Christobal Balanciaga. Un échange rare et magique entre les deux immenses couturiers qui se retrouvent non seulement grâce à un souhait d’Hubert de Givenchy mais aussi pour une histoire toute particulière. Celle d’une jeune créateur tunisien qui sauva en 1968, au décès de Balenciaga, le stock de tissus et de vêtements du couturier espagnol à l’appel de Mademoiselle Renée, l’ancienne directrice de la Maison. Ce moment de grâce dévoile une même recherche de la couture invisible, du même noir somptueux, des mêmes volants dramatiques. Hermétiques aux tendances et à la médiatisation, obstinés, seuls, de jour comme de nuit, à la recherche du dépassement de la technique, ces stars de la perfection livrent une communauté d’esprit et de création inimaginable et unique dans l’histoire de la mode. Azzedine Alaïa collectionneur - Alaïa et Balenciaga sculpteurs de la forme, 18, rue de la Verrerie, 75004. Jusqu’au 28 juin. Fashion WeekBalenciaga Haute Couture découvrez la collection hiver 2022/23Plongeant dans le passé, balenciaga présente sa nouvelle collection hiver 2022/23 pour la saison Haute by Silvana HolzmeisterTagsbalenciagahaute-couturefashion-weekArticles associésPop CultureAlaïa et Balenciaga au cœur d'une exposition exceptionnelle en EspagneL'OFFICIEL s'est entretenu avec Olivier Saillard, conservateur et historien de la mode, pour découvrir l'histoire de ces créateurs intrépides, leurs approches du design et leurs héritages de style, présentés aujourd'hui au musée Cristóbal by Jennifer SauerIndustry TrendsDécouvrez la campagne Balenciaga avec Kim KardashianAprès Bottega Veneta et Calvin Klein, Balenciaga annule aussi son feed Instagram. 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L'exposition "Azzedine Alaïa collectionneur. Alaïa et Balenciaga. Sculpteurs de la forme" a débuté au premier jour de la semaine parisienne de la haute couture été 2020 et s’achève en juin 2020. Exposition "Alaïa et Balenciaga. Sculpteurs de la forme" à gauche boléro en veau velours avec broderie "caviar" de perles et fil métallique Alaïa couture hiver 1996. A droite boléro en soie noire, à décor de passementerie et pompoms Balenciaga haute couture 1940. CORINNE JEAMMETLeurs créations sont intemporelles, en témoignent ces quatre-vingts modèles présentés pour la première fois dans un face-à-face entre ces deux maîtres de la coupe. Deux couturiers hermétiques aux effets de tendance et n’ayant jamais eu peur de refuser les systèmes liés à la des archives constituées par Azzedine Alaïa, les pièces de Balenciaga dialoguent avec celles d’Alaïa selon une communauté de création qui surprend au coeur de l'exposition "Azzedine Alaïa collectionneur. Alaïa et Balenciaga. Sculpteurs de la forme".Alors que ces modèles ont été créés à plusieurs années d'intervalle, la similitude de travail reste bluffante même amour des coupes épurées, similarité de la palette chromatique... La scénographie - on circule dans un labyrinthe constitué de voiles de tissu blanc - contribue également à mettre en valeur les modèles présentés. Ils sont montrés au coeur même de la maison de couture parisienne du créateur tunisien, aujourd’hui siège de l’association qui veille sur sa mémoire et son "Alaïa et Balenciaga. Sculpteurs de la forme" à droite robe longue à volants en maille de laine et viscose Alaïa couture hiver 2011. A gauche, robe longue, à bretelles, volantée de dentelle Chantilly noire Balenciaga haute couture hiver 1961. CORINNE JEAMMETEn 1968, ne se reconnaissant pas dans l’essor du prêt-à-porter naissant, Cristobal Balenciaga ferme sa maison. Quelques temps plus tard, sa directrice générale adjointe, Mademoiselle Renée - restée plusieurs décennies à son service - s’inquiéte des stocks de tissus et des robes. Parmi les personnes qu’elle considère, elle invite Alaïa à choisir des modèles du maître espagnol. Le jeune homme est stupéfait par l’architecture des coupes et l’exigence technique de chaque vêtement. Il décide alors de conserver dans du papier de soie le travail de ce maître de la "Alaïa et Balenciaga. Sculpteurs de la forme" à gauche ensemble plissé boléro et jupe en cuir noir Alaïa hiver 2007. A droite ensemble cape avec col tailleur, haut et jupe en soie cloquée noire Balenciaga haute couture hiver 1962. CORINNE JEAMMETA quelques mois de sa disparition, Azzedine Alaïa racontait encore cet épisode fondateur d’une prise de conscience et de l’égard qu’il cultive, ensuite, vis-à-vis de l’histoire de la mode. Car indépendamment de ses moyens - modestes à ses débuts, plus confortables ensuite - il devient vite un avide collectionneur. Depuis cette fin des années soixante, alors que certains de ses contemporains investissent dans l’art contemporain et moderne, lui n’a d’intérêt que pour les vêtements. Il se passionne pour les robes des années trente et cinquante et accumule les pièces des grands maîtres. Par centaines, bientôt par milliers, le couturier s’entoure de robes de Grès, de Vionnet, de Schiaparelli, et toujours de "Alaïa et Balenciaga. Sculpteurs de la forme" deux modèles de boléro signés Balenciaga haute couture 1940. CORINNE JEAMMETIl entasse avec l’art du conservateur et de l’historien le patrimoine des noms de mode, connus ou plus secrets. Il va ainsi sauver de l’oubli et de la perte, les noms et les pièces vestimentaires les plus convoités aujourd’hui. Exposition "Alaïa et Balenciaga. Sculpteurs de la forme" à gauche, robe longue dos nu en velours noir avec une bride en cuir or Alaia couture hiver 2008. A droite, robe bustier longue, en satin de soie noir, avec noeud champagne à la poitrine Balenciaga haute couture hiver 1959. CORINNE JEAMMETParmi les collections qu'entasse Alaïa, celles de Balenciaga est la griffe la plus convoitée le couturier espagnol est pour le couturier franco-tunisien un modèle. Dans l’équilibre des mesures et des volumes, dans l’usage des couleurs sourdes et des noirs, les deux créateurs se sont retrouvés. Dans le flou des robes solennelles du soir ou dans l’architecture des tailleurs et des manteaux, les deux couturiers ont dialogué à la recherche de la couture invisible. Dans les dentelles et les volants, ils se sont aussi parlés. De jour comme de soir, leurs robes courtes ou longues sont des précis d’architecture et de légèreté. Vue d'une partie de l'exposition "Alaïa et Balenciaga. Sculpteurs de la forme" les modèles se font face à face entre des voiles de coton. CORINNE JEAMMETExposition "Azzedine Alaïa collectionneur. Alaïa et Balenciaga. Sculpteurs de la forme" sous la direction d’Olivier Saillard, jusqu'au 28 juin 2020. Association Azzedine Alaïa. 18, rue de la Verrerie. 75004 Paris. Tous les jours de 11h à part ensuite à Guetaria, le village qui a vu naître le couturier espagnol où la fondation Balenciaga l’accueillera en juillet 2020. Azzedine Alaïa est connu pour l’audace de ses lignes, soulignant la féminité des femmes, notamment leur chute de rein. À tel point que les anglo-saxons le surnomment the King of Cling, le roi du moulant ». Par le biais de ses créations, il impose son personnage, sa méthode artisanale et son perfectionnisme au monde de la mode. Il parvient rapidement à fidéliser une clientèle privée. En s’appuyant sur l’amour que lui portent les femmes, notamment les supermodels des années 80, il finit par s’imposer par son talent de couturier et sa réputation de collectionneur. Azzedine sa vie, son œuvre Son implication Né en 1935, alors qu’il étudie la sculpture aux Beaux-Arts de Tunis, Azzedine apprend la couture sur le tas. C’est en regardant faire sa sœur Hafida, qui reproduit des modèles de couture parisiens pour des clientes locales, que naît son intérêt pour la mode. Il conservera durant tout son parcours cette volonté de s’impliquer dans la fabrication de ses vêtements de A à Z. Ce qui lui vaudra sa réputation d’artisan de la mode. Chez lui, la phase du dessin n’est pas ce qui compte le plus. Azzedine préfère confectionner ses modèles sur mannequin vivant. Il aime couper, coudre, découdre, s’y reprenant à plusieurs fois si nécessaire. Il conserve toute sa vie sa démarche de couturier, en modélisant rapidement, en coupant puis en cousant. Son inspiration le porte vers un style sexy ». La silhouette féminine est allongée, affinée et moulée dans des robes droites, zippées ou lacées. Ses créations semblent cousues à même la peau. Il recourt abondamment aux nouvelles matières stretch enserrant les hanches, tandis que ses coupes en biais soulignent les tailles. Le travail du cuir devient aussi une de ses spécialités il le travaille comme de la dentelle. En 1986, sa collection Printemps-Été met en vedette ses robes tube de bandes de jersey rappelant les momies égyptiennes. Son talent de couturier Comme nous l’avons vu, Azzedine privilégie avant tout l’approche du couturier aux dépens de la communication ou du business. Ainsi, il n’accorde que très peu d’interviews. Il laisse venir à lui les journalistes dont les articles dithyrambiques le propulsent dans la fashion stratosphère. Michel Cressole écrit en 1979 dans Libération le tout premier article sur le couturier, celui qui a tout déclenché », selon Azzedine lui-même. Ce dernier réussit des coups d’éclat médiatiques fondés sur son travail, non sur son image ni sur sa parole. Par exemple, il est à l’origine de la robe rose que porte Grace Jones dans une séquence culte du film James Bond de 1985, Dangereusement vôtre. De même, pour les célébrations du bicentenaire de la Révolution en 1989, c’est Azzedine qui habille Jessye Norman d’une ample robe tricolore à capuche, tandis qu’elle chante la Marseillaise, véritable climax des cérémonies démesurées voulues par le président Mitterrand. [Photo Grace Jones dans sa robe rose et Azzedine Alaïa © Anonyme] [Azzedine Alaïa et Jessye Norman © Maison Alaïa] Sa passion et sa spontanéité Par ailleurs, Azzedine ne se montre guère intéressé par les aspects financiers de son activité, même s’il cherche passionnément à développer sa griffe. Il montrera ainsi peu d’empressement et de nombreuses hésitations avant de se résoudre à prendre appui sur Prada en 2000, puis Richemont en 2007. À chaque fois, il semble regretter sa liberté et son indépendance perdues d’artisan de la mode. Pour lui, les intérêts mercantiles doivent se soumettre au rythme de la lente élaboration de ses modèles. Ainsi, en 1988, il présente sa collection Printemps Été deux mois après tout le monde. Alaïa préfère désormais exposer ses créations quand elles sont prêtes, faisant fi du calendrier officiel des défilés. Enfin, dans un milieu restreint comme celui de la mode, où le politiquement correct est capital si l’on tient à conserver les faveurs des personnes qui comptent », il n’hésite pas à parler avec son cœur. Il critique ainsi ouvertement la puissante et glaciale Anna Wintour et même le Kaiser Karl Lagerfeld. Certes, cette spontanéité lui fera perdre quelques soutiens ainsi que des points de parts de marché, mais il n’en a cure. Pour lui, l’important est ailleurs tant qu’il peut continuer à faire de belles robes, entouré de ses nombreux et nombreuses amies qu’il invite à venir souper sans façon dans sa cuisine, Azzedine considère que l’essentiel est sauf. Alaïa & Balenciaga sculptent l’allure des femmes La Fondation Alaïa organise jusqu’au 24 décembre 2020 une exposition croisée des créations d’Azzedine et de Cristobal Balenciaga, source d’inspiration majeure du couturier tunisien. Ces pièces proviennent du travail d’archiviste accompli par Azzedine, notamment en 1968, au moment de la fermeture de la maison Balenciaga. Notre couturier récupère alors in extremis des modèles sur le point d’être dispersés. La directrice de Balenciaga, qui était la tante de l’une de ses vendeuses, lui propose de venir et de lui faire un prix. Il revient de cette expédition avec deux sacs poubelles pleins ! En visitant l’exposition, on réalise la filiation entre les deux maîtres, chacun apportant sa patte aux robes, aux boléros et autres tailleurs qui ont fait le succès de chacune des deux griffes. Généralement, les modèles de Balenciaga paraissent plus couvrants, conservateurs et structurés que ceux d’Alaïa question d’époque et d’inspiration sans doute. Balenciaga conserve l’image du couturier de la famille royale d’Espagne. Il crée la plupart de ses modèles dans les années 1950-60, alors que l’Espagne demeure sous le joug du régime franquiste. Alaïa est un créateur des années 80, époque débridée autorisant toutes les audaces, aussi bien au niveau des coupes que des matières. Les corps se donnent à voir dans leur perfection, la sexualisation des modèles est outrée. Balenciaga, bien qu’audacieux pour son époque, est plus discret et influencé par une certaine morale… dont les cadres ne demandent qu’à exploser ! Après tout, il est également l’un des couturiers préférés des sulfureuses Marlene Dietrich, Elizabeth Taylor ou Ava Gardner… La collection d’Azzedine L’exposition révèle un autre aspect de la personnalité attachante du couturier celle du collectionneur. En 1963, il acquiert sa première œuvre d’art, une tête copte sculptée, ayant appartenu à la duchesse de Guermantes ». Au cours des années, il accumule un grand nombre d’objets comme des costumes de cinéma, des pièces de design. Mais également des vêtements de nombreux couturiers qu’il admire Madeleine Vionnet, Balenciaga, Paul Poiret ou Schiaparelli. En 2004, Azzedine ouvre dans le Marais une galerie d’art décorée par Julian Schnabel où sont exposées des œuvres liées au design et à la photo, reflétant la vie du couturier et ses sources d’inspiration la mode, mais aussi l’art, le design, l’architecture, la musique et le théâtre. Il fonde, en 2007, l’Association Azzedine Alaïa dans le but de protéger son œuvre et sa collection. Enfin c’est en 2020, que la Fondation prend la suite, exposant le travail de ce dernier ainsi que sa collection personnelle dans les lieux mêmes où il a vécu et travaillé. L’expo Alaïa Balenciaga un must pour les fashionistas ! Fort de ce qui précède, nous invitons toutes les fashionistas ou les plus curieux à venir au 18 rue de la Verrerie, dans le Marais à Paris, pour admirer l’exposition Alaïa et Balenciaga Sculpteurs de la forme », ouverte tous les jours entre 11 et 19 heures. Elle a été réalisée sous la direction d’Olivier Saillard, historien de la mode, actuel directeur artistique de Weston, ancien directeur du Palais Galliera, et proche d’Azzedine Alaïa. Vous y verrez des pièces magnifiques d’Alaïa comme de Balenciaga, présentées côte à côte pour en faciliter la comparaison. Chères lectrices, n’hésitez pas à nous faire part de votre sentiment sur les pièces que nous vous présentons. Nous vous invitons aussi à nous révéler quel est votre modèle préféré, suite à votre visite de l’expo ! [Photos de l’exposition Alaïa et Balenciaga Sculpteurs de la forme » © Ingrid Masse] par Ingrid Masse et Jérôme Ziel

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