Affichede l'exposition Azzedine Alaïa et Balenciaga, sculpteurs de la forme. Catalogue de la galerie des sculptures du Petit Palais. Catalogue de l'exposition "Paris Romantique 1815-1848" au Petit Palais. Maurice Marinot - The glass 1911-1934. Catalogue de l'exposition "Derain Balthus Giacometti" au Musée d'Art Moderne . Catalogue de l'exposition "La Mode retrouvée" au Palais
Au18, rue de la Verrerie, l'exposition « Alaïa et Balenciaga, sculpteurs de la forme » raconte une histoire de transmission et de mémoire. Jusqu'au 28 juin.
Ala rencontre de Dominique Levy, photographe du 15ème Hugo Pascual 27/03/2017 Un commentaire A l’occasion de l’exposition « Entre Structure et Nature » à l’espace Cévennes, dont elle partage l’affiche avec le peintre Bernard Dugacek, nous sommes allés à la rencontre de Dominique Lévy, photographe et habitante du 15ème.
Lesamoureux de mode et de haute couture filent à la galerie Azzedine Alaïa pour découvrir une exposition autour des créations de Cristobal Balenciaga et d'Azzedine Alaïa, intitulée Alaïa
Établissementsde Paris, Quand deux monstres sacrés de la mode dialoguent entre eux à travers leurs créations. La galerie Azzedine Alaïa invite les Terminales Commerce Luxe Haut de Gamme & leurs professeurs à la superbe exposition Alaïa et Balenciaga, Sculpteurs de la forme. Amateurs / amatrices de mode, nos élèves y découvrent 80 modèles imaginés par les deux
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Exposition«Alaïa et Balenciaga, sculpteurs de la forme», à la Galerie Azzedine Alaïa, 18, rue de la Verrerie 75004 jusqu’au 28 juin. #azzedinealaia #balenciaga #exposition #paris
sCrdTXN. CristĂłbal Balenciaga Eizaguirre, nĂ© le 21 janvier 1895 Ă Getaria Pays basque espagnol et mort le 23 mars 1972 Ă XĂ bia CommunautĂ© valencienne, est un couturier et modiste espagnol. Il est l'un des plus grands couturiers, unanimement reconnu par ses pairs et surnommĂ© le maĂ®tre » ou encore le couturier des couturiers ». S'il dĂ©bute bien avant la Seconde Guerre mondiale, c'est durant les annĂ©es 1950 qu'il transforme totalement la silhouette fĂ©minine, la faisant Ă©voluer pour atteindre finalement son apogĂ©e au dĂ©but des annĂ©es 1960. Son style classique et Ă©purĂ© lui vaut de compter parmi ses clientes fidèles les Reines d'Espagne et de Belgique, la Princesse Grace de Monaco et la Duchesse de Windsor. Son travail a influencĂ© de nombreux couturiers, tels que Oscar de la Renta, AndrĂ© Courrèges qui travailla dans son atelier, Emanuel Ungaro et Hubert de Givenchy qu'il aida. En 1968, le couturier dĂ©cide de se retirer. La marque Balenciaga, appartient de nos jours Ă la holding française Kering. Biographie DĂ©buts en Espagne CristĂłbal Balenciaga Eizaguirre est nĂ© le 21 janvier 1895 Ă Getaria[1], village de pĂŞcheurs dans la province de Gipuzkoa au Pays basque espagnol[2]. Il grandit dans un environnement modeste, entourĂ© par son père marin-pĂŞcheur et maire du village, de sa mère, couturière et de ses deux frère et sĹ“ur, Augustina et Juan MartĂn. Son père meurt jeune et laisse la mère de Balenciaga, Martina Eizaguirre, sans ressources et ses trois enfants Ă charge. Martina, qui enseigne sa profession aux jeunes filles du village, initie très tĂ´t CristĂłbal Ă la couture, lui transmet son savoir-faire et sa passion. Selon la lĂ©gende, c'est Ă l'âge de douze ans que la marquise de Casa Torres, alors cliente de Martina, remarque son don et son habiletĂ©. Elle lui confie alors une de ses robes en lui demandant de la reproduire. Il s'exĂ©cute, laissant transparaĂ®tre son talent innĂ© pour la couture et elle lui en commande d'autres[3]. La marquise va ensuite l'encourager et le pousser Ă persĂ©vĂ©rer dans cette voie, et en 1908 il entre en apprentissage chez Casa Gomez de Saint-SĂ©bastien comme tailleur[3]. Ă€ seize ans, il part quelques mois Ă Bordeaux pour parfaire son français. Un an plus tard en 1912, il entre au magasin du Louvre de Saint-SĂ©bastien, rue Hernani, comme ouvrier aux cĂ´tĂ©s de Mademoiselle Victoria, première d'atelier pour dames. Il deviendra ensuite Ă son tour chef d'atelier chez New England[4]. Ă€ la fin des annĂ©es 1910, sĂ»r de son talent, il ouvre sa première maison de couture, rue Vergara, Saint-SĂ©bastien, sous le nom de C. Balenciaga[3] et engage une trentaine d'ouvrières. L'annĂ©e suivante, les sĹ“urs Benita et Daniela Lizaso s'associent Ă lui et injectent des capitaux dans son entreprise qui portera dĂ©sormais le nom de Balenciaga y CompañĂa[4]. Saint-SĂ©bastien Ă©tant la rĂ©sidence d'Ă©tĂ© de la cour d'Espagne, son talent l'amène Ă cĂ´toyer et Ă habiller la famille royale, notamment la reine Victoria Eugenia et la reine mère MarĂa Cristina. Avec elles, c'est toutes les dames de la sociĂ©tĂ© qui deviennent clientes rĂ©gulières de Balenciaga et sa renommĂ©e se consolide rapidement. Il effectue des sĂ©jours Ă Paris oĂą il se fait connaĂ®tre comme acheteur chez les couturiers[5]. Il y rencontre Worth, Jeanne Lanvin, ChĂ©ruit, Paquin, Lelong et notamment Coco Chanel avec qui il va lier une Ă©troite amitiĂ© jusqu'Ă la fin de sa vie. La fin de la monarchie espagnole en 1931 signe la fin d'une Ă©poque, sa clientèle privilĂ©giĂ©e commence Ă disparaĂ®tre. Mais fort de son succès et dĂ©jĂ bien entourĂ©, notamment par Wladzio d'Attainville, fils d'une de ses clientes, Balenciaga ouvre une seconde maison de couture Ă Saint-SĂ©bastien mais qui ferme rapidement. C'est au dĂ©but des annĂ©es 1930 qu'il ouvre une maison Ă Madrid[3], rue Caballero de Gracia. Sa seconde maison ayant fait faillite, Balenciaga n'a plus le droit d'user de son nom pour ses maisons. C'est donc le nom de sa mère Eisa Eizaguirre que vont dĂ©sormais porter ses maisons de couture, Eisa Costura. Quelques annĂ©es après, une autre maison voit le jour Ă Barcelone[3], 10 rue Santa Teresa, dans son hĂ´tel particulier. Paris Mais la Guerre civile de 1936 l'oblige Ă quitter l'Espagne et Ă fermer ses trois maisons de couture, existant dĂ©jĂ depuis presque vingt ans. Il tente dans un premier temps de se rĂ©fugier Ă Londres et de travailler chez Worth et chez Rouff. Mais dès juillet 1937, il s'installe Ă Paris et ouvre une maison au 10, avenue George-V[1] sous le nom de Balenciaga, grâce Ă un mĂ©cène et Ă quelques fabricants de tissus français qui le connaissent du temps oĂą il venait se fournir chez eux pour la cour espagnole[n 1]. Il prĂ©sente sa première collection parisienne en aoĂ»t 1937, qui remporte immĂ©diatement un franc succès[6]. Le Daily Express le surnommera mĂŞme le jeune Espagnol qui rĂ©volutionne la mode ». Un autre dĂ©filĂ© deux ans plus tard, oĂą il prĂ©sente cette fois une collection inspirĂ©e du Second Empire français, remporte lui aussi un vif succès. Ă€ la fin de la guerre d'Espagne, Balenciaga dĂ©cide de rouvrir ses maisons locales. Celle de Madrid dĂ©mĂ©nage rue JosĂ© Antonio, sur les recommandations de la marquise de Casa Torres et compte dĂ©sormais deux-cent cinquante employĂ©s ; sa sĹ“ur en prend la direction en 1948, jusqu'Ă sa fermeture en 1968. Son neveu, JosĂ© Balenciaga, quant Ă lui, dirige celle de Barcelone. Il continue d'habiller l'aristocratie espagnole mais Ă©galement des personnalitĂ©s. Son succès grandissant, il Ă©largit sa maison parisienne en 1939 en rachetant les locaux de Mainbocher, mitoyens aux siens avenue George-V. La Seconde Guerre mondiale ne l'arrĂŞte pas, il fermera juste sa maison en juillet 1940 pour la rouvrir en septembre afin d'Ă©viter d'ĂŞtre rĂ©quisitionnĂ©. Les collections qui suivent pendant cette pĂ©riode de restriction sont des collections rĂ©duites pour une clientèle privĂ©e, fidèle Ă sa mode. Il introduit l'usage de la broderie et la passementerie dans ses robes du soir durant cette pĂ©riode. Ă€ la fin de la guerre en 1945, il faut reconquĂ©rir le public et relancer la haute couture parisienne. Il participe donc au ThĂ©atre de la Mode, exposition itinĂ©rante, installĂ©e dans un premier temps au Pavillon de Marsan Ă Paris oĂą sont mises en scène des figurines habillĂ©es par les plus grands couturiers de l'Ă©poque. L'arrivĂ©e de Christian Dior en 1947 créé un vĂ©ritable raz-de-marĂ©e dans l'univers de la mode mais Balenciaga n'en est pas pĂ©nalisĂ© pour autant, lançant sa ligne Tonneau »[7]. Sa rĂ©putation est dĂ©jĂ bien Ă©tablie auprès de la presse et de ses clientes Ă l'international, et sa mode ne peut faire concurrence Ă celle de Dior, les deux styles Ă©tant très diffĂ©rents. Dior ira mĂŞme jusqu'Ă appeler Balenciaga notre maĂ®tre Ă tous ». En 1948, la collection est encensĂ©e par Carmel Snow[8]. Cette annĂ©e-lĂ , Balenciaga doit faire face au dĂ©cès de son proche collaborateur Wladzio d'Attainville, le 14 dĂ©cembre. Va s'ensuivre une pĂ©riode difficile oĂą il envisage d'arrĂŞter toute activitĂ© mais Dior rĂ©ussit Ă le convaincre de ne rien abandonner. Il lance son premier parfum Le Dix, allusion Ă l'adresse de sa maison de couture Ă Paris, Ă cette pĂ©riode ; le deuxième suivra quelque temps plus tard La fuite des heures, puis un troisième Quadrille. Il ouvre Ă©galement une boutique au 10, avenue George-V, dans la partie rachetĂ©e Ă Mainbocher qui sera entièrement dĂ©corĂ©e par Christos Bellos. AndrĂ© Courrèges intègre l'atelier Balenciaga en 1950 comme assistant. Les annĂ©es cinquante voient Balenciaga ne se donner qu'Ă son Ĺ“uvre, sa mode. Ce sera sans doute la dĂ©cennie la plus importante de sa carrière, chaque collection voit fleurir une nouvelle pièce maĂ®tre ». Il passe du temps Ă recrĂ©er sa silhouette, Ă la parfaire. Chaque nouveau dĂ©filĂ© est un rĂ©ajustement du prĂ©cĂ©dent, les coupes et les volumes sont affinĂ©s ; la presse de mode approuve. Ses crĂ©ations de cette Ă©poque font appel aux manches melon, aux jupes ballon et Ă des tissus volumineux et lourds. L'annĂ©e d'après, Balenciaga revient Ă des lignes plus fluides, avec des tailleurs semi-ajustĂ©s, cintrĂ©s devant et vagues derrière ; cette ligne sera appelĂ©e par Carmel Snow du Harper's Bazaar la semi fitted look[9] ». Il prĂ©sente en 1955 la tunique, robe Ă©troite deux pièces aux lignes droites et Ă©purĂ©es. Vogue Ă©crit Les changements que Balenciaga apporte chaque saison suffisent Ă faire dire que la femme Balenciaga de l'annĂ©e est la rĂ©fĂ©rence mĂŞme de la mode, la quintessence quasi-prophĂ©tique du moment[10]. » Il compte dans sa clientèle beaucoup de personnalitĂ©s[2], notamment les actrices comme Marlène Dietrich, Ginger Rogers, Alice CocĂ©a, ou Carole Lombard, mais ne participe Ă aucun essayage exceptĂ© ceux de quelques amies privilĂ©giĂ©es. Balenciaga possède un appartement Ă Paris, avenue Marceau mais Ă©galement une maison près d'OrlĂ©ans, La Reyneirie, ainsi que deux appartements en Espagne, l'un Ă Madrid et l'autre Ă Barcelone. Mais le seul endroit oĂą il se plaise totalement, exceptĂ©e sa maison de couture parisienne, est sans doute sa maison Ă Igeldo, Guipuscoa au Pays basque. En 1958, Balenciaga fait un voyage aux États-Unis et veut constater par lui-mĂŞme son succès outre-Atlantique, tant la presse amĂ©ricaine parle de lui et les riches AmĂ©ricaines sont de fidèles clientes. LĂ -bas il dĂ©couvre les usines de fabrication de prĂŞt-Ă -porter et se rend compte que sa mode ne pourra jamais adhĂ©rer Ă ce mode de fabrication Ă grande Ă©chelle oĂą tout est confectionnĂ© sur des machines. Il appartient au monde de la haute couture et de l'Ă©lĂ©gance et ne veut en aucun cas perdre ce qui lui donne tant de valeur. Très indĂ©pendant, il refuse Ă©galement d'intĂ©grer la Chambre syndicale de la haute couture pour continuer Ă crĂ©er sans devoir se plier Ă certaines contraintes[n 2] et grâce Ă sa clientèle internationale extrĂŞmement riche, il rĂ©ussit Ă maintenir un chiffre d'affaires presque aussi important que les autres maisons de couture, avec un mode de fabrication beaucoup plus artisanal et un personnel moindre. Ses maisons espagnoles sont très importantes pour le bon fonctionnement de son entreprise, les matières et fournitures dont il use sont moins chères en Espagne, il crĂ©e donc pour moins de frais. Le 12 mai de la mĂŞme annĂ©e, Balenciaga est fait Chevalier de la LĂ©gion d'honneur pour sa contribution Ă l'industrie de la mode[6]. Il crĂ©e la mĂŞme annĂ©e les robes Baby Doll »[12] et en queue de paon, longues derrière et courtes devant. Au dĂ©but des annĂ©es 1960, Il lance le parfum Eau de Balenciaga ». Les parfums Balenciaga resteront une activitĂ© très annexe pour la maison[9]. Balenciaga commercialise peu après une Ă©lĂ©gante ligne de vĂŞtements de style sport. En 1966, Le Yorkshire Post titre La bombe Balenciaga »[9]. Son style devient de plus en plus Ă©purĂ© mais est toujours autant acclamĂ© par la presse internationale. L'annĂ©e 1968 est une annĂ©e de bouleversement social en France. C'est Ă©galement le cas pour Balenciaga qui ne se retrouve plus dans les nouveaux codes et mĹ“urs prĂ´nĂ©s par la sociĂ©tĂ© française, selon lui le luxe, l'Ă©lĂ©gance et la couture n'ont plus leur place dans ce nouveau monde. Je ne suis pas fait pour habiller les gens de la rue » dit-il[10]. Les annĂ©es Courrèges » et de la minijupe, le prĂŞt-Ă -porter[n 3] auront eu raison de sa crĂ©ativitĂ©[9] et il prĂ©sente sa dernière collection haute couture[16]. Il prend donc la dĂ©cision de fermer toutes ses maisons de couture après trente ans d'activitĂ©s parisiennes, ce qui plonge le monde de la mode dans un grand dĂ©sarroi ainsi que les centaines d'employĂ©s qui travaillaient pour lui jusqu'alors. Dans la seule interview qu'il donna de toute sa carrière, en 1971 au journal The Times, il dĂ©clara C'Ă©tait une vie de chien. » Projet initiĂ© dĂ©but 1968, il dessine tout de mĂŞme l'annĂ©e 1969, d'après une commande d'Air France, les uniformes des hĂ´tesses de l'air de la compagnie nationale[n 4],[17]. Deux ans plus tard, la maison Ă©quipe le personnel au sol d'une tenue diffĂ©rente. MalgrĂ© tout, dès le dĂ©but, les uniformes rencontrent de nombreuses critiques[9],[n 5]. Il se retire ensuite en Espagne, dans sa maison d'Igeldo. On ne le reverra publiquement que lors de l'enterrement de Gabrielle Chanel en 1971, et son dernier travail dans le monde de la mode sera la crĂ©ation d'une robe de mariĂ©e pour la Duchesse de Cadix, Carmen MartĂnez-BordiĂş y Franco en 1972 puis meurt le 23 mars d'une crise cardiaque Ă XĂ bia, âgĂ© de 77 ans. Il se fait inhumer Ă Getaria, sa ville natale. Reconnaissance Le Roi est mort » titre la bible de la mode en mars 1972 sans qu'il soit utile de prĂ©ciser son nom[18]. Le couturier des couturiers[19] », le plus grand d'entre eux[20],[21],[22], vient de mourir et reste dans la mode comme Ă©tant le plus respectĂ©, vĂ©nĂ©rĂ© et admirĂ©[23],[24]. En Espagne Ă ses dĂ©buts, Balenciaga achète des modèles aux couturiers parisiens, qu'il adapte, tout en rĂ©alisant ses propres crĂ©ations[3] ; rapidement, Madeleine Vionnet reconnait son talent et l'encourage Ă ouvrir sa maison[18]. Peu après l'ouverture de celle-ci, Vogue Ă©crit que ses crĂ©ations traverseront l'histoire, […] comme il ne suit aucune autre mode que la sienne, tout le monde le suit[23]. » Jusqu'Ă la fin des annĂ©es 1940, CristĂłbal Balenciaga est un couturier reconnu pour la grande qualitĂ© de ses rĂ©alisations et leur simplicitĂ©, sans la prĂ©dominance sur la haute couture qu'il imposera peu après[19]. Mais un Ă©vĂ©nement va le faire se renouveler et laisser Ă©clater sa crĂ©ativitĂ©[4]. En 1947, alors que Christian Dior rĂ©volutionne la silhouette fĂ©minine avec son New Look, Balenciaga — son ami — refuse cette mode corsetĂ©e et contraignante pour la femme. Architecte de la haute couture[3] » ne cĂ©dant pas aux tendances[25],[26], il transcende la saisonnalitĂ© de la mode avec ses silhouettes sobres[n 6], durables, pragmatiques mais sophistiquĂ©es ; il a la clientèle la plus Ă©lĂ©gante du monde » Ă©crit Vogue[23],[n 7]. Dans les annĂ©es 1950, celui que Dior surnomme notre MaĂ®tre Ă tous[29],[1] » remodèle la silhouette fĂ©minine, puis l'Ă©pure[18] incarnant Ă la fois le classicisme absolu et la modernitĂ©, Balenciaga devient insurpassable[4]. » Prudence Glyn, journaliste au Times, Ă qui le couturier donnera l'unique interview de sa vie[22], prĂ©cise que ces annĂ©es-lĂ , Dior est devenu un mot familier grâce Ă l'influence du New Look mais pour les puristes il y avait qu'une seule direction dans laquelle il fallait regarder, CristĂłbal Balenciaga[18]. »[n 8] Gabrielle Chanel, que Balenciaga admire » et Ă qui il donnera son amitiĂ© jusqu'Ă sa mort en 1971[18], le cite comme le seul couturier existant[31], considĂ©rant tous les autres comme de simples dessinateurs de mode »[18],[n 9]. La haute couture est un grand orchestre que seul Balenciaga sait diriger, tous les autres crĂ©ateurs que nous sommes suivons simplement ses indications » dit Christian Dior[27]. Pour beaucoup il reste une Ă©nigme[22] Balenciaga n'a pas de date symbolique comme peut l'avoir Dior, ou un style particulier comme celui de Chanel[18]. Il n'est pas un phĂ©nomène culturel comme le sera Yves Saint Laurent plus tard. Refusant les interview Ă cause de l'impossibilitĂ© absolue qu'il a d'expliquer son mĂ©tier[18] », rarement vu en public, sa vie privĂ©e est inconnue, ainsi que ses relations[4] ; il fuit la presse, la publicitĂ©[18],[11], n'est d'aucune corporation, mĂŞme pas inscrit Ă la Chambre syndicale[4]. Ses dĂ©filĂ©s — silencieux — sont rĂ©servĂ©s Ă quelques privilĂ©giĂ©s triĂ©s sur le volet[4]. Certains journalistes, exaspĂ©rĂ©s, vont jusqu'Ă spĂ©culer de son existence[18]. Le maĂ®tre[27] » refuse la mode pour ce qu'elle est, prĂ©fĂ©rant le travail de coupe et le dessin de la silhouette[9]. Ce mystère qui l'entoure ne l'empĂŞche pas d'obtenir des parutions dans les plus grands magazines mondiaux, grâce, entre autres, au soutien clairement affichĂ© des très influentes journalistes Diana Vreeland[n 10] et surtout Carmel Snow qui le dĂ©signe comme le nec plus ultra de la mode[29] »[n 11]. Dès 1948, après avoir assistĂ© Ă la collection du couturier, cette dernière dĂ©cide de ne porter que du Balenciaga toute sa vie ; ce qu'elle fera elle est retrouvĂ©e morte dans son lit en 1961, vĂŞtue ainsi[8]. Par la suite, c'est le puissant John Fairchild du WWD qui parachève la rĂ©putation de Balenciaga. L'air hautain de Lisa Fonssagrives ou Dovima saisi par Henry Clarke, Louise Dahl-Wolfe, Georges Dambier, Richard Avedon ou Irving Penn puis affichĂ© en couverture de Vogue ou d'Harper's Bazaar, perpĂ©tue la diffusion de l’élĂ©gance Balenciaga. Pourtant loin d'ĂŞtre austère[18], il maintient une ambiance monacale dans sa maison et ses ateliers[18] oĂą le silence règne. En 1991 dans Vogue, Hubert de Givenchy, qui est largement soutenu par son mentor Balenciaga Ă ses dĂ©buts, dĂ©crit le couturier espagnol comme un homme gracieux, Ă©lĂ©gant, pieux, simple, talentueux »[23], disant par la suite que Balenciaga Ă©tait ma religion. Depuis que je suis croyant, pour moi, il y a Balenciaga et le Seigneur[33]. » La mĂ©taphore, pour le couturier espagnol si proche de l'Église catholique[4] et dont les rĂ©fĂ©rences au costume religieux sont frĂ©quentes[34], est souvent utilisĂ©e Ă diffĂ©rents niveaux Le moine de la couture » ou l'Ă©vĂŞque de la modernitĂ© » tel qu'on le nomme parfois[22],[35], serait — et de loin — le pape de la couture moderne. Un homme au-dessus de tout soupçon, inattaquable et jamais Ă©galĂ©. Le deus ex machina de la machine Ă coudre que ni Chanel, ni Vionnet, ni Dior n'oseront jamais critiquer. […] si Dior a pris le pouvoir, le nouveau temple de la mode a dĂ©sormais une nouvelle adresse, le 10, avenue George-V. »[4] Balenciaga continue de rĂ©gner sur les esprits comme sur les ateliers de haute couture »[4] ; la lĂ©gende de la mode[9] » est, depuis ses dĂ©buts et encore de nos jours, totalement intouchable[4],[36]. L'Ĺ“uvre Robes de CristĂłbal Balenciaga. ConsidĂ©rĂ© comme le plus grand des grands couturiers du XXe siècle, l'Ĺ“uvre de Balenciaga a accompagnĂ© de près l'Ă©volution vestimentaire de la femme durant la première moitiĂ© du siècle. Son style, net » et Ă©purĂ© » aux lignes fluides, se caractĂ©rise par la sobriĂ©tĂ©, les combinaisons de couleurs audacieuses et son inspiration espagnole, comme les robes infante[24]. Durant les annĂ©es quarante, il introduit des broderies et de la dentelle[24]. Balenciaga puise dans le passĂ© pour ses robes aux formes amples et arrondies, Ă l'opposĂ© des silhouettes cintrĂ©es de Christian Dior, mais Ă©galement dans les peintres classiques ou les costumes folkloriques[24]. Durant ses plus grandes annĂ©es, vers 1950, il sera souvent opposĂ©, avec ses lignes fluides, au New Look de Dior qui triomphe alors Ă Paris et dans le monde[1] Ă partir de 1947[7]. Viennent ensuite les lignes tonneau, au dos arrondi et Ă la taille dĂ©centrĂ©e, semi-ajustĂ©e, en 1951, la veste ballon en 1953 enveloppant le haut du corps dans un cocon[1], la robe tunique Ă la ligne droite et proche du corps deux ans plus tard, enfin la robe-sac et la robe-chemise en 1957[24]. C'est avec un unique morceau de tissu qu'il créé un manteau d'apparence sans couture » en 1961[7]. MusĂ©e Le CristĂłbal Balenciaga Museoa a Ă©tĂ© inaugurĂ© en 2011 Ă Getaria, la ville natale de Balenciaga. Il occupe deux bâtiments, l'ancien Palais Aldamar construit au XIXe siècle et une annexe moderne conçue par l'architecte Julián Argilagos. Le musĂ©e prĂ©sente dans six salles la vie et l'Ĺ“uvre de Balenciaga. Vie privĂ©e CristĂłbal Balenciaga Ă©tait homosexuel, bien qu'il ait gardĂ© sa sexualitĂ© privĂ©e tout au long de sa vie. L'amour de sa vie et son partenaire de longue date Ă©tait le modiste franco-polonais WĹ‚adzio Jaworowski d’Attainville, qui avait aidĂ© Ă financer sa mise en place. Ă€ la mort d'Attainville en 1948, Balenciaga Ă©tait tellement brisĂ© qu'il envisagea de fermer l'entreprise. Rachat de l'entreprise 1978 achat de la marque par l'entreprise de chimie Hoechst[10]. 1986 acquisition de Balenciaga par le groupe Jacques Bogart[16]. 1987 collection de prĂŞt-Ă -porter, par Michel Goma, nommĂ©e Le Dix en hommage au parfum lancĂ© en 1947[10]. 1992 le Belge Josephus Thimister remplace Michel Goma[10]. 1995 premiers pas de Nicolas Ghesquière chez Balenciaga 1997 Nicolas Ghesquière est nommĂ© Ă la direction artistique[37], puis prĂ©sente sa première collection de prĂŞt-Ă -porter fĂ©minin. Il va transformer la marque dans les annĂ©es suivantes[38]. 2001 acquisition de la maison par la marque italienne Gucci, qui sera intĂ©grĂ©e deux ans plus tard au dĂ©partement luxe du groupe PPR, dĂ©sormais nommĂ© Kering. 2011 ouverture du musĂ©e Balenciaga au Pays basque[39],[40]. 2012 arrivĂ©e de Alexander Wang Ă la direction artistique[41]. 2015 Demna Gvasalia est nommĂ© Ă la direction artistique[42]. Notes et rĂ©fĂ©rences Notes ↑ Ouverture de sa maison parisienne en partenariat avec Nicolas Bizcarrondo et Wladzio Jaworowski d'Attainville. ↑ Depuis 1956, le pillage et la copie de ses collections font qu'il dĂ©cide de ne plus dĂ©filer en mĂŞme temps que les autres couturiers ; la presse internationale est obligĂ©e de venir Ă Paris spĂ©cifiquement pour lui[11]. ↑ Au dĂ©but des annĂ©es 1960, Balenciaga et Chanel sont les deux seules maisons notables Ă refuser de crĂ©er une ligne de prĂŞt-Ă -porter[13] ; Chanel s'y rĂ©soudra quelques annĂ©es plus tard. Laurence BenaĂŻm rĂ©sume plus simplement cette fermeture Balenciaga, qui trouvait que l'Ă©poque n'Ă©tait plus son genre, avait claquĂ© la porte en 1968[14]. » Mais plus que les tendances de l'Ă©poque, c'est tout le système Ă©conomique de la haute couture, impossible Ă rendre rentable après les annĂ©es 1950 sans le prĂŞt-Ă -porter en parallèle, qui s'effondre symboliquement avec cette fermeture CristĂłbal Balenciaga […] prĂ©fĂ©ra fermer en 1968 sa maison de couture, plutĂ´t que de passer du cĂ´tĂ© des confectionneurs[15]. » ↑ Les uniformes des navigants fĂ©minins de la compagnie sont constituĂ©s d'un tailleur d'hiver composĂ© d'une veste Ă la taille marquĂ©e, avec quatre poches, une jupe s'arrĂŞtant au milieu du genou, avec les poches cachĂ©es dans les coutures, ainsi qu'un chemisier, un foulard, et une bombe Ă petite visière. Le reste de l'uniforme comprend un manteau et un impermĂ©able tous deux identiques dans la coupe, un tailleur d'Ă©tĂ© avec un calot. Air France fournira en plus, pour la première fois, de nombreux accessoires sac Ă main, escarpins et bottes, gants[9]… ↑ Il est principalement reprochĂ© Ă la compagnie d'avoir fourni un uniforme peu pratique, dessinĂ© par un couturier hors des tendances de l'Ă©poque Ă la fin des annĂ©es 1960, AndrĂ© Courrèges, Pierre Cardin, ou Yves Saint Laurent triomphent et sont des couturiers adulĂ©s. Le prĂŞt-Ă -porter a changĂ© les tendances. L'uniforme signĂ© Balenciaga est trop parfait, trop couture, trop bourgeois[9] ». ↑ Carmel Snow Ă©crit Rien n'est plus mystĂ©rieux que la simplicité… Comme toujours, on peut s'attendre Ă ce que l'influence de Balenciaga se manifeste en profondeur, sans bruit, jusqu'Ă ce qu'elle gagne l'ensemble du monde de la mode. »[27] Balenciaga ira jusqu'Ă crĂ©er un modèle spĂ©cialement pour elle qu'elle dĂ©crira comme l'ensemble le plus extraordinaire de notre temps »[19]. ↑ ConfirmĂ© Ă©galement en ces termes C'est un des plus grands crĂ©ateurs de notre temps et ses clientes sont parmi les femmes dĂ©signĂ©es par la presse comme les mieux habillĂ©es du monde[28]. » ↑ Sur la place de Dior et Balenciaga dans le paysage de la haute couture, cette idĂ©e est exprimĂ©e d'une façon proche dans l'ouvrage En Vogue Parmi les couturiers, pendant que Dior rĂ©gnait dans les annĂ©es 1950, CristĂłbal Balenciaga, dĂ©fenseur du style europĂ©en et maĂ®tre de la coupe, restait au plus haut de son pouvoir[30]. » ↑ Avis plusieurs fois soulignĂ©, la citation de Chanel est reprise ainsi Lui seul est capable de couper un tissu, de le monter, de le coudre de sa main. Les autres ne sont que des dessinateurs. »[27] ↑ Diana Vreeland dira Quand vous portez une robe de Balenciaga, les femmes autour de vous cessent d'exister[4]. » ↑ Vreeland et Snow sont les deux seules journalistes que Balenciaga accepte[32]. RĂ©fĂ©rences ↑ a b c d et e en Design Museum et Paula Reed, Fifty fashon looks that changed the 1950s, Londres, Conran Octopus, 2012, 112 p. ISBN 978-1-84091-603-4, CristĂłbal Balenciaga 1953 », p. 30 ↑ a et b Cox, p. 220. ↑ a b c d e f et g Cox, p. 222. ↑ a b c d e f g h i j k et l Kerlau 2013, p. 163 Ă 202 ↑ Ă–rmen 2012, p. 29 ↑ a et b Olivier Saillard dir., Elsa Rigaux et al., MusĂ©e de l'Histoire et des Cultures de l'immigration, Fashion Mix Mode d'ici. CrĂ©ateurs d'ailleurs, Paris, Flammarion, 2014, 176 p. ISBN 978-2-08-134309-2, prĂ©sentation en ligne, CristĂłbal Balenciaga », p. 91 Ă 92 ↑ a b et c Cox, p. 223. ↑ a et b en Calvin Tomkins, The world of Carmel Snow », The New Yorker,‎ 7 novembre 1994, p. 148 Ă 158 ISSN 0028-792X, lire en ligne ↑ a b c d e f g h et i Florence MĂĽller et Eric Reinhardt Conception Ă©ditoriale, ÉlĂ©gances aĂ©riennes une histoire des uniformes d'Air France, Air France, aoĂ»t 2004, 136 p., L'uniforme couture » de Balenciaga contestĂ© par l'esprit de mai 1968 », p. 62 Ă 81 ↑ a b c d et e Cox, p. 224. ↑ a et b Ă–rmen 2012, p. 27 On disait que Cristobal Balenciaga Ă©tait austère, que ses ateliers ressemblaient Ă un couvent… Il Ă©tait catholique pratiquant et semblait sans humour et mystĂ©rieux. ProtĂ©geant farouchement sa vie privĂ©e, rĂ©tif Ă la publicitĂ© […] » ↑ Ă–rmen 2012, p. 28 ↑ Didier Grumbach, Histoires de la mode, Paris, Éditions du Regard, 2008 1re Ă©d. 1993 Éditions du Seuil, 452 p. ISBN 978-2-84105-223-3, Le prĂŞt-Ă -porter mal-aimĂ© », p. 149 ↑ Laurence BenaĂŻm, Azzedine AlaĂŻa, le Prince des lignes, Paris, Grasset, coll. Documents Français », octobre 2013, 160 p. ISBN 978-2-246-81055-1, prĂ©sentation en ligne, Anatomie du temps », p. 121 ↑ Olivier Saillard dir., Anne Zazzo dir., Alexandra Bosc et al. prĂ©f. Bertrand DelanoĂ«, Paris Haute Couture, Paris, Skira, novembre 2012, 287 p. ISBN 978-2-08-128605-4, DĂ©but et fin de la haute couture », p. 256 ↑ a et b Marie Ottavi, Balenciaga bientĂ´t de retour en haute-couture », Mode, sur LibĂ©ration, 7 dĂ©cembre 2012 consultĂ© le 9 dĂ©cembre 2012 ↑ Quelques dĂ©tails sur la production et l'anecdote du premier essayage en prĂ©sence de Balenciaga in Didier Grumbach, Histoires de la mode, Paris, Éditions du Regard, 2008 1re Ă©d. 1993 Éditions du Seuil, 452 p. ISBN 978-2-84105-223-3, Le prĂŞt-Ă -porter des couturiers », p. 250 ↑ a b c d e f g h i j k et l en Susan Irvine, Vogue on Cristobal Balenciaga, Quadrille Publishing Ltd, coll. Vogue on Designers », septembre 2013, 160 p. ISBN 978-1-84949-311-6, prĂ©sentation en ligne ↑ a b et c Valerie Mendes et Amy de la Haye trad. de l'anglais par Laurence Delage, et al., La mode depuis 1900 [ 20th Century Fashion »], Paris, Thames & Hudson, coll. L'univers de l'art », 2011, 2e Ă©d. 1re Ă©d. 2000, 312 p. ISBN 978-2-87811-368-6, p. 131 et sv. Souvent surnommĂ© le couturier des couturiers, Balenciaga ouvrit sa maison de couture Ă Paris en 1937 et lança de nombreux styles tournĂ©s vers l'avenir, atteignant sa position prééminente dans la haute couture française après la guerre. » ↑ Jean-NoĂ«l Liaut, Modèles et mannequins 1945 - 1965, Paris, Filipacchi, fĂ©vrier 1994, 220 p. ISBN 978-2-85018-341-6, BNF 35660421, prĂ©sentation en ligne, Cristobal Balenciaga », p. 133 Cristobal Balenciaga fut bien plus qu'un simple crĂ©ateur de talent. Pour beaucoup, il reste le plus grand couturier du siècle. » ↑ MusĂ©e GalliĂ©ra, p. 3, prĂ©face de Bertrand DelanoĂ« Il y a quarante ans, un des plus grands noms de l'histoire de la mode disparait […] l’œuvre du maĂ®tre couturier. » ↑ a b c et d MusĂ©e GalliĂ©ra, p. 8 et 9, introduction de Olivier Saillard Violette Leduc avouant sans dĂ©ception qu'elle ne rencontra pas le maĂ®tre. Balenciaga, en effet, se refuse Ă toute interview. Aux dires de certains, il n'en aurait donnĂ© qu'une seule au cours de sa carrière. L'homme invisible de la couture française », Ă©galement nommĂ© le moine de la couture » […] est un ĂŞtre secret. Depuis 1937 […] journalistes et auteurs, rĂ©dactrices et directeurs artistiques, Ă dĂ©faut de le rencontrer cherchent Ă percer le mystère de sa crĂ©ation. […] Sujet de fascination, y compris de la part d'autres couturiers qui apprĂ©cient en lui sa maĂ®trise et sa virtuositĂ©, Balenciaga continue d'envoĂ»ter. […] CristĂłbal Balenciaga suscite l'admiration […] » ↑ a b c et d Linda Watson trad. de l'anglais, Vogue - La mode du siècle Le style de chaque dĂ©cennie, 100 ans de crĂ©ateurs [ Vogue Twentieth Century Fashion - 100 years of style by decade and designer »], Paris, Éditions Hors Collection, 2000, 255 p. ISBN 2-258-05491-5, Balenciaga, Cristobal », p. 95 ↑ a b c d et e Jacqueline Dumaine et Palais Galliera 2014, Le style Balenciaga, p. 60 Pour ses pairs, Balenciaga […] Ă©tait considĂ©rĂ© comme l'architecte de la haute couture. Dior lui-mĂŞme lui vouait une admiration sans bornes, disant de lui Il est notre maĂ®tre Ă tous. » Le vĂŞtement Ă©tait sa religion. Balenciaga Ă©tait un technicien hors normes, […] » ↑ Georgina O'Hara Callan trad. Lydie Échasseriaud, Dictionnaire de la mode [ The Encyclopaedia of Fashion »], Paris, Thames & Hudson, coll. L'univers de l'art », 2009 rĂ©impr. 2011 1re Ă©d. 1986, 303 p. ISBN 978-2-87811-327-3, prĂ©sentation en ligne, p. 21 ↑ Marnie Fogg dir. et al. trad. de l'anglais par Denis-Armand Canal et al., prĂ©f. Valerie Steele, Tout sur la mode Panorama des chefs-d’œuvre et des techniques, Paris, Flammarion, coll. Histoire de l'art », octobre 2013 1re Ă©d. 2013 Thames & Hudson, 576 p. ISBN 978-2-08-130907-4, L'âge d'or de la haute couture », p. 299 CristĂłbal Balenciaga rĂ©gna lui aussi au zĂ©nith de la haute couture. […] Balenciaga n'avait aucune envie d'influencer la tendance ou de dĂ©velopper une ligne de prĂŞt-Ă -porter, prĂ©fĂ©rant concentrer la puretĂ© de sa conception sur le sur-mesure. » ↑ a b c et d NoĂ«l Palomo-Lovinski trad. de l'anglais par Lise-Éliane Pomier, Les plus grands crĂ©ateurs de mode de Coco Chanel Ă Jean Paul Gaultier, Paris, Eyrolles, 2011, 192 p. ISBN 978-2-212-55178-5, Cristobal Balenciaga », p. 94 Ă 97 Il est considĂ©rĂ© par beaucoup, dans le domaine de la mode, comme le maĂ®tre ». » ↑ Madeleine Delpierre et Davray-PiĂ©kolek, Le costume la haute couture 1945-1995, Paris, Flammarion, coll. Tout l'art », mai 1997 1re Ă©d. 1991, 80 p. ISBN 2-08-011236-8, p. 18 Ă 19 ↑ a et b Didier Grumbach, Histoires de la mode, Paris, Éditions du Regard, 2008 1re Ă©d. 1993 Éditions du Seuil, 452 p. ISBN 978-2-84105-223-3, Les puristes - CristĂłbal Balenciaga », p. 122 ↑ Norberto Angeletti, Alberto Oliva et al. trad. de l'anglais par Dominique Letellier, Alice PĂ©tillot, En Vogue L'histoire illustrĂ©e du plus cĂ©lèbre magazine de mode, Paris, White Star, juin 2007, 410 p. ISBN 978-88-6112-059-4, prĂ©sentation en ligne, 1940-1950 de la CafĂ© Society Ă Christian Dior », p. 140 ↑ MusĂ©e GalliĂ©ra, p. 11, introduction de Olivier Saillard Mademoiselle Chanel reconnaissait en CristĂłbal Balenciaga le seul couturier de son temps. » ↑ Colin MCDowell, Mode pour une presse libre », sur Business of Fashion - 9 octobre 2013 consultĂ© le 22 fĂ©vrier 2015 CristĂłbal Balenciaga faisait tout son possible pour Ă©viter tout contact avec la presse, Ă l’exception de Diana Vreeland et Carmel Snow, les grandes dames » du Vogue amĂ©ricain et de Harpers’s Bazaar. Seule Carmel Snow Ă©tant rĂ©ellement adoubĂ©e. » ↑ en Leisa Barnett, The French Connection », sur CondĂ© Nast, 4 juillet 2007 consultĂ© le 26 mars 2014 "Balenciaga was my religion," confesses Hubert de Givenchy. "Since I'm a believer, for me there's Balenciaga and the good Lord." » ↑ Marie-Laure Gutton in in MusĂ©e Galliera, Les chapeaux de Balenciaga, une crĂ©ation inspirĂ©e, p. 29 ↑ MusĂ©e GalliĂ©ra, p. 12, introduction de Olivier Saillard ↑ Ă–rmen 2012, p. 26 Ce couturier espagnol a laissĂ© sur la mode une empreinte indĂ©lĂ©bile grâce Ă ses crĂ©ations rigoureuses et incroyablement Ă©quilibrĂ©es, qui ont rĂ©volutionnĂ© les techniques de coupe. » ↑ Anne-Laure Quilleriet, Les hommes de Balenciaga », sur L'Express, 30 septembre 2010 consultĂ© le 5 avril 2012 ↑ Xavier de Jarcy, FraĂ®ches collections », sur 5 mars 2011 consultĂ© le 9 dĂ©cembre 2012 ↑ Lucie Dancoing, Balenciaga, immortalisĂ© au musĂ©e », sur HFM, 8 juin 2011 consultĂ© le 9 dĂ©cembre 2012 ↑ Caroline Pigozzi, Un musĂ©e sur mesure pour Balenciaga », sur HFM, 1er juillet 2011 consultĂ© le 9 dĂ©cembre 2012 ↑ Alexander Wang directeur artistique de Balenciaga », sur Le Point, 3 dĂ©cembre 2012 consultĂ© le 9 dĂ©cembre 2012 ↑ Eugènie Trochu, Demna Gvasalia nommĂ© directeur artistique de Balenciaga », sur consultĂ© le 7 octobre 2015 Ouvrages utilisĂ©s Ouvrages utilisĂ©s dans le cadre du Fashion Editathon 2014 Voir aussi Bibliographie Ouvrages Pamela Golbin dir. et Fabien Baron dir. art., Balenciaga Paris, Thames & Hudson, coll. MusĂ©e des arts dĂ©coratifs », 2006, 216 p. ISBN 978-2-87811-280-1, OCLC 469629760, BNF 40219870 Livre publiĂ© Ă l'occasion de la rĂ©trospective au musĂ©e de la Mode et du Textile Ă Paris, comporte de très nombreuses reproductions de coupures de presse de l'Ă©poque. Olivier Saillard, MusĂ©e GalliĂ©ra et al. prĂ©f. Bertrand DelanoĂ«, photogr. Scheltens & Abbenes, CristĂłbal Balenciaga collectionneur de modes, Paris, Paris MusĂ©es, coll. Catalogue d'exposition », avril 2012, 96 p. ISBN 978-2-7596-0198-1, prĂ©sentation en ligne Yann Kerlau, Les secrets de la mode, Paris, Éditions Perrin, fĂ©vrier 2013, 438 p. ISBN 978-2-262-03923-3, prĂ©sentation en ligne, De Balenciaga Ă Zara l'Espagne de l'alcĂ´ve Ă la rue », p. 163 Ă 202 Catherine Ă–rmen prĂ©f. Inès de La Fressange, Un siècle de mode, Paris, Éditions Larousse, coll. Les documents de l'Histoire », octobre 2012, 128 p. ISBN 978-2-03-587455-9, prĂ©sentation en ligne, CristĂłbal Balenciaga l'architecte de la couture », p. 26 Ă 29. Caroline Cox prĂ©f. Cameron Silver, Le luxe en hĂ©ritage Secrets d'ateliers des grandes maisons, Dunod, 2014 1re Ă©d. 2013, 285 p. ISBN 978-2-10-070551-1, 1918 Balenciaga », p. 220 Ă 227. Palais Galliera, Alexandra Bosc, Olivier Saillard et al. prĂ©f. Anne Hidalgo, Les annĂ©es 50 la mode en France 1947 - 1957, Paris, Paris MusĂ©es, juillet 2014, 259 p. ISBN 978-2-7596-0254-4, Le style Balenciaga », p. 60. Miren Arzalluz, Laurence BenaĂŻm, Gaspard de MassĂ© et Olivier Saillard, Association Azzedine AlaĂŻa, AlaĂŻa et Balenciaga Sculpteurs de forme, Milan, Carla Sozzani, 2020 ISBN 979-10-95313-07-6. Presse Olivier Saillard, Balenciaga l'hypermoderne », L'Express Styles, no 3168,‎ 21 mars 2012, p. 58 Ă 59 ISSN 0014-5270 SĂ©verine De Smet, Viva Balenciaga ! », Le Nouvel Observateur, no 2474,‎ 5 avril 2012, p. 140 ISSN 0029-4713 Exposition CristĂłbal Balenciaga, collectionneur de modes, du 13 avril au 7 octobre 2012, les Docks, CitĂ© de la mode et du design, Paris Balenciage, l'oeuvre au noir, 2017, MusĂ©e Bourdelle, Paris Liens externes Ressources relatives aux beaux-arts National Gallery of Victoria de + en Artists of the World Online en Grove Art Online en MutualArt en National Portrait Gallery en + nl RKDartists en Union List of Artist Names Ressource relative au spectacle Les Archives du spectacle Ressource relative Ă l'audiovisuel Ressource relative Ă la mode en Fashion Model Directory Notices d'autoritĂ© Fichier d’autoritĂ© international virtuel International Standard Name Identifier Bibliothèque nationale de France donnĂ©es Système universitaire de documentation Bibliothèque du Congrès Gemeinsame Normdatei Bibliothèque nationale de la Diète Bibliothèque nationale d’Espagne Bibliothèque royale des Pays-Bas Bibliothèque nationale de Pologne Bibliothèque nationale d’IsraĂ«l Bibliothèque universitaire de Pologne Bibliothèque nationale tchèque WorldCat Id WorldCat MusĂ©e Balenciaga
Azzedine Alaïa collectionneur – Alaïa et Balenciaga sculpteurs de la forme, Paris, Association Azzedine Alaïa. Du 20 mai au 28 juin 2020. Dans le Marais, rue de la Verrerie, un rendez-vous haute couture incontournable attend les amoureux de l’élégance. Les murs de l’Association Azzedine Alaïa, juste à côté de la librairie, son café, et la somptueuse boutique, accueillent un dialogue époustouflant entre Azzedine Alaia et Christobal Balanciaga. Un échange rare et magique entre les deux immenses couturiers qui se retrouvent non seulement grâce à un souhait d’Hubert de Givenchy mais aussi pour une histoire toute particulière. Celle d’une jeune créateur tunisien qui sauva en 1968, au décès de Balenciaga, le stock de tissus et de vêtements du couturier espagnol à l’appel de Mademoiselle Renée, l’ancienne directrice de la Maison. Ce moment de grâce dévoile une même recherche de la couture invisible, du même noir somptueux, des mêmes volants dramatiques. Hermétiques aux tendances et à la médiatisation, obstinés, seuls, de jour comme de nuit, à la recherche du dépassement de la technique, ces stars de la perfection livrent une communauté d’esprit et de création inimaginable et unique dans l’histoire de la mode. Azzedine Alaïa collectionneur - Alaïa et Balenciaga sculpteurs de la forme, 18, rue de la Verrerie, 75004. Jusqu’au 28 juin.
Fashion WeekBalenciaga Haute Couture découvrez la collection hiver 2022/23Plongeant dans le passé, balenciaga présente sa nouvelle collection hiver 2022/23 pour la saison Haute by Silvana HolzmeisterTagsbalenciagahaute-couturefashion-weekArticles associésPop CultureAlaïa et Balenciaga au cœur d'une exposition exceptionnelle en EspagneL'OFFICIEL s'est entretenu avec Olivier Saillard, conservateur et historien de la mode, pour découvrir l'histoire de ces créateurs intrépides, leurs approches du design et leurs héritages de style, présentés aujourd'hui au musée Cristóbal by Jennifer SauerIndustry TrendsDécouvrez la campagne Balenciaga avec Kim KardashianAprès Bottega Veneta et Calvin Klein, Balenciaga annule aussi son feed Instagram. Après avoir supprimé chaque publication sur son profil, l'emblématique Kim Kardashian devient la star du compte pour la nouvelle by Giorgia CantariniPeopleBeyoncé brille en Gucci X Balenciaga pour un Date Night avec Jay-ZLa star de Black Is King portait un ensemble du projet collaboratif entre Gucci et by Alyssa KellyRecommandé pour vousFoodComfort Food la recette de la tarte feuilletée tomate, herbes et Selle-sur-Cher affinéEn cet épisode de pluies estivales, L'OFFICIEL vous dévoile la recette réconfortante de tarte de saison — imaginée par le Chef Frédéric Calmes du restaurant des Sources de by Pauline BorgognoShopping8 sacs à dos de créateurs pour retourner à l'école avec styleLa rentrée est de retour, et avec by Courtney MasonBeautéVoici les meilleures tendances sourcils de 2022Voici cinq façons de faire preuve de créativité avec vos sourcils cette by Melissa MaeHommesTous les tatouages issus des relations amoureuses de Pete DavidsonL'OFFCIEL rassemble tous les tatouages que Pete Davidson a fait pour ses ex-petites by Skylar ElizabethPeopleAdele révèle ses projets de mariage et d'enfants avec son petit amiAdele dit qu'elle est obsédée par son petit ami et rêve de fonder une famille avec by Victoria TheonilaFashion WeekCopenhagen Fashion Week 8 marques coup de cœur repérées au showroom MiglioriniPour sa cinquième édition, Migliorini Venue a présenté les marques danoises et internationales — mode et beauté — les plus responsables et désirables du by Pauline BorgognoL'Officiel ArtRachelle Cunningham "Instagram est pour moi la plus vaste des galeries d'art"Suivie par plusieurs milliers de fidèles sur Instagram, l'artiste et illustratrice qui a fait de la peinture un remède carthatique à son endométriose donne à voir des héroïnes Byronesques dans ses oeuvres aux accents by Melanie MendelewitschDesignCoup de coeur Trobat, le concept store Majorquin qui célèbre l'artisanat internationalSous l'impulsion de la curatrice Dolli Taylor, ce concept store Majorquin met à l'honneur de talentueux artistes, sculpteurs et céramistes venus des quatre coins du by Melanie Mendelewitsch
ActualitésCultureCoups de coeur Dans l’histoire de la mode, ces deux couturiers maîtres de la coupe avaient beaucoup de points communs. L'exposition "Azzedine Alaïa collectionneur. Alaïa et Balenciaga. Sculpteurs de la forme" a débuté au premier jour de la semaine parisienne de la haute couture été 2020 et s’achève en juin 2020. Exposition "Alaïa et Balenciaga. Sculpteurs de la forme" à gauche boléro en veau velours avec broderie "caviar" de perles et fil métallique Alaïa couture hiver 1996. A droite boléro en soie noire, à décor de passementerie et pompoms Balenciaga haute couture 1940. CORINNE JEAMMETLeurs créations sont intemporelles, en témoignent ces quatre-vingts modèles présentés pour la première fois dans un face-à -face entre ces deux maîtres de la coupe. Deux couturiers hermétiques aux effets de tendance et n’ayant jamais eu peur de refuser les systèmes liés à la des archives constituées par Azzedine Alaïa, les pièces de Balenciaga dialoguent avec celles d’Alaïa selon une communauté de création qui surprend au coeur de l'exposition "Azzedine Alaïa collectionneur. Alaïa et Balenciaga. Sculpteurs de la forme".Alors que ces modèles ont été créés à plusieurs années d'intervalle, la similitude de travail reste bluffante même amour des coupes épurées, similarité de la palette chromatique... La scénographie - on circule dans un labyrinthe constitué de voiles de tissu blanc - contribue également à mettre en valeur les modèles présentés. Ils sont montrés au coeur même de la maison de couture parisienne du créateur tunisien, aujourd’hui siège de l’association qui veille sur sa mémoire et son "Alaïa et Balenciaga. Sculpteurs de la forme" à droite robe longue à volants en maille de laine et viscose Alaïa couture hiver 2011. A gauche, robe longue, à bretelles, volantée de dentelle Chantilly noire Balenciaga haute couture hiver 1961. CORINNE JEAMMETEn 1968, ne se reconnaissant pas dans l’essor du prêt-à -porter naissant, Cristobal Balenciaga ferme sa maison. Quelques temps plus tard, sa directrice générale adjointe, Mademoiselle Renée - restée plusieurs décennies à son service - s’inquiéte des stocks de tissus et des robes. Parmi les personnes qu’elle considère, elle invite Alaïa à choisir des modèles du maître espagnol. Le jeune homme est stupéfait par l’architecture des coupes et l’exigence technique de chaque vêtement. Il décide alors de conserver dans du papier de soie le travail de ce maître de la "Alaïa et Balenciaga. Sculpteurs de la forme" à gauche ensemble plissé boléro et jupe en cuir noir Alaïa hiver 2007. A droite ensemble cape avec col tailleur, haut et jupe en soie cloquée noire Balenciaga haute couture hiver 1962. CORINNE JEAMMETA quelques mois de sa disparition, Azzedine Alaïa racontait encore cet épisode fondateur d’une prise de conscience et de l’égard qu’il cultive, ensuite, vis-à -vis de l’histoire de la mode. Car indépendamment de ses moyens - modestes à ses débuts, plus confortables ensuite - il devient vite un avide collectionneur. Depuis cette fin des années soixante, alors que certains de ses contemporains investissent dans l’art contemporain et moderne, lui n’a d’intérêt que pour les vêtements. Il se passionne pour les robes des années trente et cinquante et accumule les pièces des grands maîtres. Par centaines, bientôt par milliers, le couturier s’entoure de robes de Grès, de Vionnet, de Schiaparelli, et toujours de "Alaïa et Balenciaga. Sculpteurs de la forme" deux modèles de boléro signés Balenciaga haute couture 1940. CORINNE JEAMMETIl entasse avec l’art du conservateur et de l’historien le patrimoine des noms de mode, connus ou plus secrets. Il va ainsi sauver de l’oubli et de la perte, les noms et les pièces vestimentaires les plus convoités aujourd’hui. Exposition "Alaïa et Balenciaga. Sculpteurs de la forme" à gauche, robe longue dos nu en velours noir avec une bride en cuir or Alaia couture hiver 2008. A droite, robe bustier longue, en satin de soie noir, avec noeud champagne à la poitrine Balenciaga haute couture hiver 1959. CORINNE JEAMMETParmi les collections qu'entasse Alaïa, celles de Balenciaga est la griffe la plus convoitée le couturier espagnol est pour le couturier franco-tunisien un modèle. Dans l’équilibre des mesures et des volumes, dans l’usage des couleurs sourdes et des noirs, les deux créateurs se sont retrouvés. Dans le flou des robes solennelles du soir ou dans l’architecture des tailleurs et des manteaux, les deux couturiers ont dialogué à la recherche de la couture invisible. Dans les dentelles et les volants, ils se sont aussi parlés. De jour comme de soir, leurs robes courtes ou longues sont des précis d’architecture et de légèreté. Vue d'une partie de l'exposition "Alaïa et Balenciaga. Sculpteurs de la forme" les modèles se font face à face entre des voiles de coton. CORINNE JEAMMETExposition "Azzedine Alaïa collectionneur. Alaïa et Balenciaga. Sculpteurs de la forme" sous la direction d’Olivier Saillard, jusqu'au 28 juin 2020. Association Azzedine Alaïa. 18, rue de la Verrerie. 75004 Paris. Tous les jours de 11h à part ensuite à Guetaria, le village qui a vu naître le couturier espagnol où la fondation Balenciaga l’accueillera en juillet 2020.
Azzedine Alaïa est connu pour l’audace de ses lignes, soulignant la féminité des femmes, notamment leur chute de rein. À tel point que les anglo-saxons le surnomment the King of Cling, le roi du moulant ». Par le biais de ses créations, il impose son personnage, sa méthode artisanale et son perfectionnisme au monde de la mode. Il parvient rapidement à fidéliser une clientèle privée. En s’appuyant sur l’amour que lui portent les femmes, notamment les supermodels des années 80, il finit par s’imposer par son talent de couturier et sa réputation de collectionneur. Azzedine sa vie, son œuvre Son implication Né en 1935, alors qu’il étudie la sculpture aux Beaux-Arts de Tunis, Azzedine apprend la couture sur le tas. C’est en regardant faire sa sœur Hafida, qui reproduit des modèles de couture parisiens pour des clientes locales, que naît son intérêt pour la mode. Il conservera durant tout son parcours cette volonté de s’impliquer dans la fabrication de ses vêtements de A à Z. Ce qui lui vaudra sa réputation d’artisan de la mode. Chez lui, la phase du dessin n’est pas ce qui compte le plus. Azzedine préfère confectionner ses modèles sur mannequin vivant. Il aime couper, coudre, découdre, s’y reprenant à plusieurs fois si nécessaire. Il conserve toute sa vie sa démarche de couturier, en modélisant rapidement, en coupant puis en cousant. Son inspiration le porte vers un style sexy ». La silhouette féminine est allongée, affinée et moulée dans des robes droites, zippées ou lacées. Ses créations semblent cousues à même la peau. Il recourt abondamment aux nouvelles matières stretch enserrant les hanches, tandis que ses coupes en biais soulignent les tailles. Le travail du cuir devient aussi une de ses spécialités il le travaille comme de la dentelle. En 1986, sa collection Printemps-Été met en vedette ses robes tube de bandes de jersey rappelant les momies égyptiennes. Son talent de couturier Comme nous l’avons vu, Azzedine privilégie avant tout l’approche du couturier aux dépens de la communication ou du business. Ainsi, il n’accorde que très peu d’interviews. Il laisse venir à lui les journalistes dont les articles dithyrambiques le propulsent dans la fashion stratosphère. Michel Cressole écrit en 1979 dans Libération le tout premier article sur le couturier, celui qui a tout déclenché », selon Azzedine lui-même. Ce dernier réussit des coups d’éclat médiatiques fondés sur son travail, non sur son image ni sur sa parole. Par exemple, il est à l’origine de la robe rose que porte Grace Jones dans une séquence culte du film James Bond de 1985, Dangereusement vôtre. De même, pour les célébrations du bicentenaire de la Révolution en 1989, c’est Azzedine qui habille Jessye Norman d’une ample robe tricolore à capuche, tandis qu’elle chante la Marseillaise, véritable climax des cérémonies démesurées voulues par le président Mitterrand. [Photo Grace Jones dans sa robe rose et Azzedine Alaïa © Anonyme] [Azzedine Alaïa et Jessye Norman © Maison Alaïa] Sa passion et sa spontanéité Par ailleurs, Azzedine ne se montre guère intéressé par les aspects financiers de son activité, même s’il cherche passionnément à développer sa griffe. Il montrera ainsi peu d’empressement et de nombreuses hésitations avant de se résoudre à prendre appui sur Prada en 2000, puis Richemont en 2007. À chaque fois, il semble regretter sa liberté et son indépendance perdues d’artisan de la mode. Pour lui, les intérêts mercantiles doivent se soumettre au rythme de la lente élaboration de ses modèles. Ainsi, en 1988, il présente sa collection Printemps Été deux mois après tout le monde. Alaïa préfère désormais exposer ses créations quand elles sont prêtes, faisant fi du calendrier officiel des défilés. Enfin, dans un milieu restreint comme celui de la mode, où le politiquement correct est capital si l’on tient à conserver les faveurs des personnes qui comptent », il n’hésite pas à parler avec son cœur. Il critique ainsi ouvertement la puissante et glaciale Anna Wintour et même le Kaiser Karl Lagerfeld. Certes, cette spontanéité lui fera perdre quelques soutiens ainsi que des points de parts de marché, mais il n’en a cure. Pour lui, l’important est ailleurs tant qu’il peut continuer à faire de belles robes, entouré de ses nombreux et nombreuses amies qu’il invite à venir souper sans façon dans sa cuisine, Azzedine considère que l’essentiel est sauf. Alaïa & Balenciaga sculptent l’allure des femmes La Fondation Alaïa organise jusqu’au 24 décembre 2020 une exposition croisée des créations d’Azzedine et de Cristobal Balenciaga, source d’inspiration majeure du couturier tunisien. Ces pièces proviennent du travail d’archiviste accompli par Azzedine, notamment en 1968, au moment de la fermeture de la maison Balenciaga. Notre couturier récupère alors in extremis des modèles sur le point d’être dispersés. La directrice de Balenciaga, qui était la tante de l’une de ses vendeuses, lui propose de venir et de lui faire un prix. Il revient de cette expédition avec deux sacs poubelles pleins ! En visitant l’exposition, on réalise la filiation entre les deux maîtres, chacun apportant sa patte aux robes, aux boléros et autres tailleurs qui ont fait le succès de chacune des deux griffes. Généralement, les modèles de Balenciaga paraissent plus couvrants, conservateurs et structurés que ceux d’Alaïa question d’époque et d’inspiration sans doute. Balenciaga conserve l’image du couturier de la famille royale d’Espagne. Il crée la plupart de ses modèles dans les années 1950-60, alors que l’Espagne demeure sous le joug du régime franquiste. Alaïa est un créateur des années 80, époque débridée autorisant toutes les audaces, aussi bien au niveau des coupes que des matières. Les corps se donnent à voir dans leur perfection, la sexualisation des modèles est outrée. Balenciaga, bien qu’audacieux pour son époque, est plus discret et influencé par une certaine morale… dont les cadres ne demandent qu’à exploser ! Après tout, il est également l’un des couturiers préférés des sulfureuses Marlene Dietrich, Elizabeth Taylor ou Ava Gardner… La collection d’Azzedine L’exposition révèle un autre aspect de la personnalité attachante du couturier celle du collectionneur. En 1963, il acquiert sa première œuvre d’art, une tête copte sculptée, ayant appartenu à la duchesse de Guermantes ». Au cours des années, il accumule un grand nombre d’objets comme des costumes de cinéma, des pièces de design. Mais également des vêtements de nombreux couturiers qu’il admire Madeleine Vionnet, Balenciaga, Paul Poiret ou Schiaparelli. En 2004, Azzedine ouvre dans le Marais une galerie d’art décorée par Julian Schnabel où sont exposées des œuvres liées au design et à la photo, reflétant la vie du couturier et ses sources d’inspiration la mode, mais aussi l’art, le design, l’architecture, la musique et le théâtre. Il fonde, en 2007, l’Association Azzedine Alaïa dans le but de protéger son œuvre et sa collection. Enfin c’est en 2020, que la Fondation prend la suite, exposant le travail de ce dernier ainsi que sa collection personnelle dans les lieux mêmes où il a vécu et travaillé. L’expo Alaïa Balenciaga un must pour les fashionistas ! Fort de ce qui précède, nous invitons toutes les fashionistas ou les plus curieux à venir au 18 rue de la Verrerie, dans le Marais à Paris, pour admirer l’exposition Alaïa et Balenciaga Sculpteurs de la forme », ouverte tous les jours entre 11 et 19 heures. Elle a été réalisée sous la direction d’Olivier Saillard, historien de la mode, actuel directeur artistique de Weston, ancien directeur du Palais Galliera, et proche d’Azzedine Alaïa. Vous y verrez des pièces magnifiques d’Alaïa comme de Balenciaga, présentées côte à côte pour en faciliter la comparaison. Chères lectrices, n’hésitez pas à nous faire part de votre sentiment sur les pièces que nous vous présentons. Nous vous invitons aussi à nous révéler quel est votre modèle préféré, suite à votre visite de l’expo ! [Photos de l’exposition Alaïa et Balenciaga Sculpteurs de la forme » © Ingrid Masse] par Ingrid Masse et Jérôme Ziel
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