Cest pourquoi la France est engagée, au plus haut niveau, pour la lutte contre le braconnage des éléphants et le commerce illégal de leur ivoire. Lors de la précédente conférence des parties de la Convention internationale sur le commerce d'espÚces sauvages menacées d'extinction, la CITES, en septembre 2016, la France et le Luxembourg
Câest la marche des Ă©lĂ©phants » Animation test nÂș2 #animation #elephant #digitalart #pencildrawing #junglebook #disney
Seulementni les Africains, ni les Indiens, ni les Chinois nâont lâintention de sacrifier leurs envies Ă nos bonnes paroles. Eux aussi rĂȘvent de voitures, de routes, dâusines et de
LibĂ©rĂ©e dĂ©livrĂ©e (La reine des neiges) 4. Et j'aime chacun des pas que je fais, le soleil est mon guide et moi je m'en vais. Je m'en vais (FrĂšre des ours) 5. Et dans la forĂȘt profonde au coeur de ma belle vallĂ©e, l'eau claire fuyante furibonde. Vers le ciel (Rebelle) 6. Ici on sert Ă toute heure, cuisine au beurre, c'est la meilleure.
Dollyl'éléphant: la marche des éléphants - 2 interprétations. Titre. Album. Playlist. Dolly l'éléphant: la marche des éléphants. Coucou lapin (Chansons douces pour l'éveil des tout-petits) Premium. 0,98 ⏠Dolly l'éléphant: la marche des éléphants. Berceuses et chansons douces d'éveil. Premium. 0,98 ⏠Tous les titres de Kalinou. affichage : alphabétique; les +
7L'éléphant Fanfan. 8 C'est la belle ronde. 9 Les gouttes d'eau. 10 Doux comme la neige. 11 Papa ronfle la nuit. 12 Poupy et midinette. 13 Je Suis Zippo Le Clown. 14 L'alphabet d'Anna. 15 Chanter l'alphabet.
Parolesde la chanson La Plus Belle Nuit par Charles Trenet C'est la plus belle nuit Depuis la nuit des temps C'est la nuit de NoĂ«l La nuit d'un pauvre enfant De JĂ©sus, fils de Dieu Descendu sur la terre Pour que les cĆurs anxieux Ne soient plus solitaires Pour que la 1: Petit Papa Noel: 2: La Marche Des Rois Mages De "L'Arlesienne" 3: Cette Nuit-La: 4: Pour Noel: 5: Noel
W0E1xBH. français arabe allemand anglais espagnol français hĂ©breu italien japonais nĂ©erlandais polonais portugais roumain russe suĂ©dois turc ukrainien chinois italien Synonymes arabe allemand anglais espagnol français hĂ©breu italien japonais nĂ©erlandais polonais portugais roumain russe suĂ©dois turc ukrainien chinois ukrainien Ces exemples peuvent contenir des mots vulgaires liĂ©s Ă votre recherche Ces exemples peuvent contenir des mots familiers liĂ©s Ă votre recherche C'est la marche de ceux, dont nous faisons partie, qui sont fatiguĂ©s de tant de violence. Ă la marcia di tutti coloro che sono stanchi di tanta violenza. C'est la marche nuptiale maintenant. C'est la marche du monde, M. Armitage. CosĂŹ va il mondo, signor Armitage. C'est la marche Ă suivre. C'est la marche sur laquelle Justin s'est ouvert la tĂȘte aprĂšs une cuite notoire. Questo Ăš il gradino dove mio figlio Justin si Ăš rotto la testa quando era sbronzo come una spugna. C'est la marche en crabe verticale. Si chiama parete verticale dei granchi. C'est la marche du condamnĂ© Ă mort! C'est la marche du temps, tu sais ? C'est la marche des Ă©lĂ©phants roses Et dimanche c'est la marche contre le lupus. La meilleure partie de la chasse, c'est la marche. A volte la parte migliore della caccia Ăš camminare. Au cours d'une de ces journĂ©es, le cortĂšge dĂ©file dans les rues, c'est la marche triomphale du Prince Carnaval. In uno di questi tre giorni, la sfilata attraversa le strade il corteo del Principe Carnevale. Si vous voulez perdre du poids - c'est la marche scandinave qui vous permettra d'atteindre les rĂ©sultats souhaitĂ©s en peu de temps et sans rĂ©gimes affamĂ©s. Se vuoi perdere peso - Ăš camminata scandinava che ti permetterĂ di raggiungere i risultati desiderati in poco tempo e senza diete affamate. Et aprĂšs, c'est la marche de la honte dans les bois avec un rouleau de papier toilette Ă©cologique. E subito dopo, stai facendo la camminata della vergogna in mezzo al bosco con un rotolo di carta igienica ecologica marrone e ruvida. Grand-mĂšre, c'est la marche des zombies ah, lent mais imbattable. Aujourd'hui, c'est la marche en mĂ©moire du gĂ©nocide armĂ©nien. Mais le contexte de ce passage, c'est la marche et le combat du croyant rempli de l'Esprit. Ma in effetti il contesto di questo brano Ăš il cammino ed il combattimento del credente pieno di Spirito Santo. Pour les trajets jusqu'aux emplois occupĂ©s Ă proximitĂ©, c'est la marche Ă pied qui est le mode de transport le plus courant. Per recarsi al lavoro localmente il mezzo piĂč comune Ăš il coprire la distanza a piedi. Malheureusement, jusqu'Ă maintenant, Ă chaque fois qu'on croit que nous sommes arrivĂ©s au bout du tunnel, de nouveau, c'est la marche en arriĂšre. Purtroppo, finora, ogni volta che abbiamo creduto di essere arrivati alla fine del tunnel, ci siamo ritrovati di nuovo in retromarcia. Je marchai les 10 kilomĂštres du retour et c'est la marche la plus courte que j'aie jamais faite. camminai indietro per i dieci chilometri, fu la passeggiata piĂč breve della mia vita. Aucun rĂ©sultat pour cette recherche. RĂ©sultats 30. Exacts 30. Temps Ă©coulĂ© 119 ms. Documents Solutions entreprise Conjugaison Synonymes Correcteur Aide & A propos de Reverso Mots frĂ©quents 1-300, 301-600, 601-900Expressions courtes frĂ©quentes 1-400, 401-800, 801-1200Expressions longues frĂ©quentes 1-400, 401-800, 801-1200
La plupart des bĂ©bĂ©s adorent quâon leur chantonne quelque chose. Nous avons regroupĂ© ici plusieurs comptines et autres chansons pour enfants que vous pourrez apprendre Ă votre bout de chou. De toutes les activitĂ©s possibles, pousser la chansonnette lui plaira sĂ»rement, surtout si vous faites des voix rigolotes ou que vous accompagnez vos paroles de grands gestes !Une souris verteUne souris verte Qui courait dans l'herbe Je l'attrape par la queue Je la montre Ă ces messieurs Ces messieurs me disent Trempez-la dans l'huile Trempez-la dans l'eau Ăa fera un escargot tout chaud Une souris verte » est lâune des chansons pour enfants les plus connues. Vous pouvez chatouiller le ventre de votre bĂ©bĂ© pour mimer la souris qui court partout et mimer le fait de la tremper dans lâhuile et lâeau pour lâamuser encore poule sur un murUne poule sur un mur Qui picote du pain dur, Picoti picota, Trois p'tits tours et puis s'en va ! ou lĂšve la queue et puis sâen va ! »Vous pouvez picoter doucement du doigt le ventre, les joues, ou les petits petons de votre bĂ©bĂ© pendant toute la chanson ou pendant picoti picota ». Si vous choisissez de lui picoter les pieds, il y a des chances pour que ça le chatouille et quâil vous demande de rechanter encore et encore cette comptine pour la petite bĂȘte qui monteCâest la petite bĂȘte qui monte, qui monte, qui monte... et qui redescend ! Cette chanson pour enfants est trĂšs simple mais Ă©galement lâune de leurs prĂ©fĂ©rĂ©es pour une raison trĂšs simple elle nâest quâune excuse pour se faire des guilis ! Partez des pieds de votre enfant et remontez le long de son corps en marchant avec lâindex et le majeur. Chantez plus ou moins lentement ou rĂ©pĂ©tez plusieurs fois qui monte » jusquâĂ arriver Ă une partie du corps donnĂ©e, puis dites trĂšs vite et qui redescend » en faisant redescendre trĂšs vite votre main en le chatouillant. Comme il est trĂšs facile dâaccĂ©lĂ©rer le rythme de la chanson et donc la montĂ©e de votre main et que votre bĂ©bĂ© ne sait jamais Ă lâavance vers quelle partie du corps la bĂȘte » va monter, cette comptine pour enfants trĂšs simple rencontrera sĂ»rement un franc succĂšs ! Vous pouvez Ă©galement faire Ă peu prĂšs la mĂȘme chose avec la chanson pour enfants LâaraignĂ©e Gipsy » pour varier les petit cochon pendu au plafondUn petit cochon Pendu au plafond Tirez-lui le nez Il donnera du lait Tirez-lui la queue Il pondra des Ćufs Tirez-la plus fort Il pondra de l'or Combien en voulez-vous ? 1, 2, 3Pour accompagner cette comptine pour enfants de gestes et la rendre plus amusante, vous pouvez simplement pincer le nez ou les fesses de votre bĂ©bĂ© pendant les passages gentille alouetteAlouette, gentille alouette Alouette, je te plumerai Je te plumerai la tĂȘte Je te plumerai la tĂȘte Et la tĂȘte, et la tĂȘte Alouette, Alouette Oh, oh, oh, oh Alouette, gentille alouette Alouette, je te plumerai Je te plumerai le bec Je te plumerai le bec Et le bec, et le bec Et la tĂȘte, et la tĂȘte Alouette, Alouette Oh, oh, oh, oh [âŠ]Cette chanson pour enfants est assez longue, mais simple Ă retenir et Ă chanter. Vous pouvez faire semblant de plumer » votre enfant lors des passages correspondants, en lui Ă©bouriffant un peu les cheveux pour la tĂȘte, en lui pinçant le nez pour le bec, les bras pour les ailes, etc. Si votre enfant est un peu plus ĂągĂ©, se souvenir de toutes les parties du corps Ă la suite Ă la fin de chaque couplet sera un bon exercice !Un Ă©lĂ©phant qui se balançaitUn Ă©lĂ©phant qui se balançait Sur une toile, toile, toile Toile d'araignĂ©e C'Ă©tait un jeu tellement Tellement amusant Que tout Ă coup Ba da boum Deux Ă©lĂ©phants qui se balançaient Sur une toile, toile, toile Toile d'araignĂ©e C'Ă©tait un jeu tellement Tellement amusant Que tout Ă coup Ba da boum [âŠ]Vous pouvez vous asseoir par terre avec votre bĂ©bĂ© contre vous et vous balancer pendant que vous lui chantez cette chanson pour enfants. Au ba da boum », basculez en arriĂšre, doucement si votre enfant est tout petit, un peu plus vite et fort sâil est dĂ©jĂ ĂągĂ© de 3 ou 4 ans. Vous pouvez continuer Ă ajouter des Ă©lĂ©phants Ă cette comptine pour enfants pour en profiter et lui apprendre Ă famille tortueJamais on nâa vu Jamais on ne verra La famille tortue Courir aprĂšs les rats Le papa tortue Et la maman tortue Et les enfants tortues Iront toujours au pas Vous pouvez par exemple agiter les doigts ou les orteils de votre bĂ©bĂ© lorsque vous comptez le papa, la maman et les court, il court, le furetIl court, il court, le furet, Le furet du bois, Mesdames, Il court, il court, le furet, Le furet du bois joli. Il est passĂ© par ici, Il est passĂ© par ici. Il repassera par lĂ , Il repassera par lĂ . Il court, il court, le furet, Le furet du bois, Mesdames, Il court, il court, le furet, Le furet du bois pouvez accompagner les paroles de cette comptine pour enfants de grands gestes pendant le refrain, comme si un furet passait devant vous en courant puis sâenfuyait dans une direction puis une autre. Si votre enfant est plus ĂągĂ©, vous pouvez imiter le furet et courir ensemble en chantant il court, il court ». Votre petit adorera sĂ»rement ! Promenons-nous dans les boisPromenons-nous dans les bois Pendant que le loup n'y est pas Si le loup y Ă©tait Il nous mangerait Mais comme il n'y est pas Il nous mangera pas Loup y es-tu? Que fais-tu? Entends-tu? Je mets ma chemise Promenons-nous dans les bois Pendant que le loup n'y est pas Si le loup y Ă©tait Il nous mangerait Mais comme il n'y est pas Il nous mangera pas Loup y es-tu? Que fais-tu? Entends-tu? Je mets ma culotte [âŠ]Cette comptine pour enfants est idĂ©ale pour habiller progressivement votre petit. Si votre enfant est un peu plus ĂągĂ©, demandez-lui de faire le loup et dâenfiler ses vĂȘtements en vous rĂ©pondant dâune grosse voix je mets ma chemise/culotte/etc. ». Ă la fin de la chanson, il peut mĂȘme se mettre Ă vous courir aprĂšs pour vous attraper comme le loup !Il existe de trĂšs nombreuses chansons et comptines pour la petite enfance, certaines rĂ©centes, comme Pirouette, cacahuĂšte » et dâautres remontant mĂȘme Ă plusieurs siĂšcles comme Cadet Rousselle » ou Marlbrough sâen va-t-en guerre ». Avec un pareil arsenal Ă votre disposition, vous avez de longues heures de rire avec votre petit devant vous !
TOOMAI DES ĂLĂPHANTS Je me souviens de qui je fus. Jâai brisĂ© corde et chaĂźne. Je me souviens de ma forĂȘt et de ma vigueur ancienne. Je ne veux plus vendre mon dos pour une botte de roseaux, Je veux retourner Ă mes pairs, aux gĂźtes verts des taillis clos Je veux mâen aller jusquâau jour, partir dans le matin nouveau. Parmi le pur baiser des vents, la claire caresse de lâeau Jâoublierai lâanneau de mon pied, lâentrave qui veut me soumettre. Je veux revoir mes vieux amours, les jeux de mes frĂšres sans maĂźtre. Kala Nag â autrement dit Serpent Noir â avait servi le Gouvernement de lâInde, de toutes les maniĂšres dont un Ă©lĂ©phant peut servir, pendant quarante-sept annĂ©es ; et, comme il avait au moins vingt ans lorsquâil fut pris, cela lui faisait environ soixante-dix ans Ă cette heure, lâĂąge mĂ»r des Ă©lĂ©phants. Il se souvenait dâavoir poussĂ©, un gros bourrelet de cuir attachĂ© sur le front, pour dĂ©gager un canon enlisĂ© dans la boue profonde ; et câĂ©tait avant la guerre afghane de 1842, alors quâil nâavait pas encore atteint la plĂ©nitude de sa force. Sa mĂšre, Radha Pyari â Radha la favorite â prise dans la mĂȘme chasse que lui, nâavait pas manquĂ© de lui dire, avant que ses petites dents, ses dĂ©fenses de lait, fussent tombĂ©es Les Ă©lĂ©phants qui ont peur attrapent toujours du mal » ; et Kala Nag savait que lâavis Ă©tait sage, car, la premiĂšre fois quâil vit un obus Ă©clater, il recula en criant, creva une rangĂ©e de faisceaux, et les baĂŻonnettes le piquĂšrent dans ses parties les plus tendres. Aussi, avant quâil eĂ»t vingt-cinq ans, Ă©tait-ce fini pour lui dâavoir peur, et devint-il par lĂ mĂȘme lâĂ©lĂ©phant le plus aimĂ© et le mieux soignĂ© dans le service du Gouvernement de lâInde. Il avait transportĂ© des tentes, douze cents livres de tentes, durant la marche Ă travers lâInde SupĂ©rieure ; il avait Ă©tĂ© hissĂ© sur un navire au bout dâune grue Ă vapeur ; et, aprĂšs des jours et des jours de traversĂ©e, on lui avait fait porter un mortier sur le dos dans un pays Ă©trange et rocailleux, trĂšs loin de lâInde ; il avait contemplĂ© lâempereur ThĂ©odore Ă©tendu mort dans Magdala ; puis Ă©tait revenu par le mĂȘme steamer, avec tous les titres, disaient les soldats, Ă la mĂ©daille dâAbyssinie. Il avait vu ses camarades Ă©lĂ©phants mourir de froid, dâĂ©pilepsie, de faim et dâinsolation dans un endroit appelĂ© Ali Musjid, dix ans plus tard ; ensuite, il avait Ă©tĂ© envoyĂ© Ă des milliers de milles dans le sud pour traĂźner et empiler de grosses poutres en bois de teck, aux chantiers de Moulmein. LĂ , il avait Ă moitiĂ© tuĂ© un jeune Ă©lĂ©phant insubordonnĂ© qui voulait esquiver sa juste part de travail. AprĂšs cela, il avait quittĂ© le transport des bois de charpente, et on lâavait employĂ©, avec quelques vingtaines de compagnons dressĂ©s Ă cette besogne, pour aider Ă la capture des Ă©lĂ©phants sauvages dans les montagnes de Garo. Les Ă©lĂ©phants ! le Gouvernement de lâInde y veille avec un soin jaloux il y a un service tout entier qui ne sâoccupe que de les traquer, de les prendre, de les dompter, et de les envoyer Ă un bout du pays ou Ă lâautre suivant les besoins de lâouvrage. Kala Nag, debout, mesurait dix bons pieds aux Ă©paules ; ses dĂ©fenses avaient Ă©tĂ© rognĂ©es Ă cinq pieds, et, pour les empĂȘcher de se fendre, on avait garni leurs extrĂ©mitĂ©s avec des bandes de cuivre ; mais il savait se servir de ces tronçons mieux quâaucun Ă©lĂ©phant non dressĂ© de ses vraies dĂ©fenses aiguĂ«s. Quand, aprĂšs des semaines et des semaines passĂ©es Ă rabattre avec prĂ©caution les Ă©lĂ©phants Ă©pars dans les montagnes, les quarante ou cinquante monstres sauvages Ă©taient poussĂ©s dans la derniĂšre enceinte, et que la grosse herse, faite de troncs dâarbres liĂ©s, retombait avec fracas derriĂšre eux, Kala Nag, au premier commandement, pĂ©nĂ©trait dans ce pandĂ©monium de feux et de barrissements câĂ©tait Ă la nuit close en gĂ©nĂ©ral, et la lumiĂšre vacillante des torches rendait difficile de juger les distances il choisissait dans toute la bande le plus farouche des porte-dĂ©fenses, et le martelait et le bousculait jusquâĂ le rĂ©duire au calme, tandis que les hommes, montĂ©s sur le dos des autres Ă©lĂ©phants, jetaient des nĆuds coulants aux plus petits et les attachaient. Il nây avait rien, dans lâart de combattre, que Kala Nag, le vieux et sage Serpent Noir, ne connĂ»t il avait plus dâune fois, dans son temps, soutenu la charge du tigre blessĂ©, et, sa trompe charnue soigneusement roulĂ©e pour Ă©viter les accidents, il avait frappĂ© de cĂŽtĂ© dans lâair, dâun rapide mouvement de tĂȘte en coup de faulx, la brute bondissante â un coup de sa propre invention, lâavait terrassĂ©e, et, agenouillĂ© sur elle de tout le poids de ses genoux Ă©normes, il en avait exprimĂ© la vie avec un rĂąle et un hurlement ; alors, il ne restait plus sur le sol quâune loque rayĂ©e, Ă©bouriffĂ©e, quâil tirait par la queue. â Oui ! disait Grand Toomai, son cornac, â le fils de Toomai le Noir qui lâavait emmenĂ© en Abyssinie, et le petit-fils de Toomai des ĂlĂ©phants qui lâavait vu prendre, â il nây a rien au monde que craigne le Serpent Noir, exceptĂ© moi. Il a vu trois gĂ©nĂ©rations de notre famille le nourrir et le panser, et il vivra pour en voir quatre. â Il a peur de moi aussi ! â disait Petit Toomai, en se dressant de toute sa hauteur, quatre pieds, sans autre vĂȘtement quâun lambeau dâĂ©toffe. Il avait dix ans ; câĂ©tait le fils aĂźnĂ© de Grand Toomai, et, suivant la coutume, il prendrait la place de son pĂšre sur le cou de Kala Nag, lorsquâil serait grand lui-mĂȘme, et manierait le lourd ankus de fer, lâaiguillon des Ă©lĂ©phants, que les mains de son pĂšre, de son grand-pĂšre et de son arriĂšre-grand-pĂšre avaient poli. Il savait ce quâil disait ; car il Ă©tait nĂ© Ă lâombre de Kala Nag, il avait jouĂ© avec le bout de sa trompe avant de savoir marcher, il lâavait fait descendre Ă lâeau dĂšs quâil avait su marcher, et Kala Nag nâaurait pas eu lâidĂ©e de dĂ©sobĂ©ir Ă la petite voix perçante qui lui criait ses ordres, plus quâil nâaurait eu lâidĂ©e de tuer le petit bĂ©bĂ© brun, le jour oĂč Grand Toomai lâapporta sous les dĂ©fenses de Kala Nag, et lui ordonna de saluer celui qui serait son maĂźtre. â Oui, dit Petit Toomai, il a peur de moi. Et il marcha Ă longues enjambĂ©es vers Kala Nag, lâappela vieux pourceau gras », et lui fit lever les pieds lâun aprĂšs lâautre. â Wah ! dit Petit Toomai, tu es un gros Ă©lĂ©phant. Et il secoua sa tĂȘte Ă©bouriffĂ©e, en rĂ©pĂ©tant ce que disait son pĂšre â Le Gouvernement peut bien payer le prix des Ă©lĂ©phants, mais câest Ă nous, mahouts, quâils appartiennent. Quand tu seras vieux, Kala Nag, il viendra quelque riche Rajah qui tâachĂštera au Gouvernement, Ă cause de ta taille et de tes bonnes maniĂšres, et tu nâauras plus rien Ă faire quâĂ porter des boucles dâor Ă tes oreilles, un dais dâor sur ton dos, des draperies rouges couvertes dâor sur tes flancs et Ă marcher en tĂȘte du cortĂšge royal. Alors, je serai assis sur ton cou, ĂŽ Kala Nag, un ankus dâargent Ă la main, et des hommes courront devant nous, avec des bĂątons dorĂ©s, en criant Place Ă lâĂ©lĂ©phant du Roi ! » Ce sera beau, Kala Nag, mais pas aussi beau que de chasser dans les jungles. â Peuh ! dit Grand Toomai, tu nâes quâun petit garçon et aussi sauvage quâun veau de buffle. Cette façon de passer sa vie Ă courir du haut en bas des montagnes nâest pas ce quâil y a de mieux dans le service du Gouvernement. Je me fais vieux, et je nâaime pas les Ă©lĂ©phants sauvages. Quâon me donne des lignes Ă Ă©lĂ©phants, en briques, une stalle par bĂȘte, des pieux solides pour les amarrer en sĂ»retĂ©, et de larges routes unies pour les exercer au lieu de ce va-et-vient toujours en camp volant⊠Ah ! les casernes de Cawnpore avaient du bon. Il y avait tout prĂšs un bazar, et seulement trois heures de travail par jour. Petit Toomai se rappela les lignes Ă Ă©lĂ©phants de Cawnpore et ne dit rien. Il prĂ©fĂ©rait de beaucoup la vie de camp, et dĂ©testait ces larges routes unies, les distributions quotidiennes de foin au magasin Ă fourrage, et les longues heures oĂč il nây avait rien Ă faire quâĂ surveiller Kala Nag sâagitant sur place dans ses piquets. Ce quâaimait Petit Toomai, câĂ©tait lâescalade par les chemins enchevĂȘtrĂ©s que seul un Ă©lĂ©phant peut prendre, et puis le plongeon dans la vallĂ©e, la brĂšve apparition des Ă©lĂ©phants sauvages pĂąturant Ă des milles au loin, la fuite du sanglier et du paon effrayĂ©s sous les pieds de Kala Nag, les chaudes pluies aveuglantes, quand toutes les collines et les vallĂ©es fumaient, les beaux matins pleins de brouillard, quand personne ne savait oĂč lâon camperait le soir, la poursuite patiente et minutieuse des Ă©lĂ©phants sauvages, et la course folle, les flammes et le tohu-bohu de la derniĂšre nuit, quand ils venaient se prĂ©cipiter en torrent Ă lâintĂ©rieur des palissades comme des rochers dans un Ă©boulement, dĂ©couvraient lâimpossibilitĂ© dâen sortir, et se lançaient contre les poteaux massifs, pour ĂȘtre enfin repoussĂ©s par des cris, des torches flamboyantes et des salves de cartouches Ă blanc. LĂ , mĂȘme un petit garçon pouvait se rendre utile, et Toomai se rendait aussi utile que trois petits garçons. Il tenait sa torche et lâagitait, et criait de son mieux. Mais le vrai bon temps, câĂ©tait quand on commençait Ă faire sortir les Ă©lĂ©phants, quand le keddah, câest-Ă -dire la palissade, ressemblait Ă un tableau de la fin du monde, et que, ne pouvant plus sâentendre, les hommes Ă©taient obligĂ©s de se faire des signes. Alors Petit Toomai grimpait sur un des poteaux Ă©branlĂ©s, et il avait lâair dâun lutin dans la lumiĂšre des torches ; puis, ses cheveux noirs, blanchis par le soleil, flottant sur ses Ă©paules, on entendait, Ă la premiĂšre accalmie, les cris aigus dâencouragement quâil jetait Ă Kala Nag, parmi les barrissements et les craquements, le claquement des cordes, et les grondements des Ă©lĂ©phants entravĂ©s. â MaĂźl, maĂźl, Kala Nag ! Allons, allons, Serpent Noir ! Dant do ! Un bon coup de dĂ©fense ! Somalo ! Somalo ! Attention ! Attention ! Maro ! Mar ! Frappe, frappe ! Prends garde au poteau ! Arre ! Arre ! Hai ! Hai ! Kya-a-ah ! Et le grand combat entre Kala Nag et lâĂ©lĂ©phant sauvage roulait çà et lĂ Ă travers le keddah, et les vieux preneurs dâĂ©lĂ©phants essuyaient la sueur qui leur inondait les yeux, et trouvaient le temps dâadresser un signe de tĂȘte Ă Petit Toomai, tout frĂ©tillant de joie au sommet du poteau. Il fit plus que de frĂ©tiller ! Une nuit, il se laissa glisser du haut de son poteau, se faufila parmi les Ă©lĂ©phants, ramassa le bout libre dâune corde tombĂ©e Ă terre, et la jeta vivement Ă lâhomme qui essayait dâattraper un petit rĂ©calcitrant les jeunes donnent toujours plus de mal que les adultes. Kala Nag le vit, le saisit dans sa trompe, le tendit Ă Grand Toomai qui le gifla dare-dare et le remit sur le poteau. Le lendemain matin il le gronda et lui dit â De bonnes lignes Ă Ă©lĂ©phants, en briques, et quelques tentes Ă porter, nâest-ce pas suffisant, que tu aies besoin dâaller attraper les Ă©lĂ©phants pour ton compte, petit propre Ă rien ? VoilĂ , maintenant que ces malheureux chasseurs, dont la paye nâapproche pas de la mienne, ont parlĂ© de lâaffaire Ă Petersen Sahib. Petit Toomai eut peur, Il ne savait pas grandâchose des hommes blancs, mais Petersen Sahib Ă©tait pour lui le plus grand homme blanc du monde il Ă©tait le chef de toutes les opĂ©rations dans le Keddah, â celui qui prenait tous les Ă©lĂ©phants pour le Gouvernement de lâInde, et qui en savait plus sur les us et coutumes des Ă©lĂ©phants quâaucun homme du monde. â Quoi ! quâest-ce qui peut arriver ? dit Petit Toomai. â Ce qui peut arriver, le pis tout simplement, Petersen Sahib est un fou autrement, pourquoi irait-il chasser ces dĂ©mons sauvages ?⊠Il peut mĂȘme exiger de toi de devenir chasseur dâĂ©lĂ©phants pour aller dormir nâimporte oĂč, dans ces jungles fiĂ©vreuses, pour ĂȘtre un jour, en fin de compte, foulĂ© Ă mort dans le keddah. Il est heureux que cette sottise se termine sans accident. La semaine prochaine, la chasse sera finie, et nous autres, de la plaine, nous regagnerons nos postes. Alors, nous marcherons sur de bonnes routes et nous ne penserons plus Ă tout cela. Mais, fils, je suis fĂąchĂ© que tu te sois mĂȘlĂ© de cette besogne câest lâaffaire de ces gens dâAssam, ces immondes rĂŽdeurs de jungle. Kala Nag ne veut obĂ©ir Ă personne quâĂ moi, aussi me faut-il aller avec lui dans le keddah. Mais il nâest quâun Ă©lĂ©phant de combat, et il nâaide pas Ă lier les autres ; câest pourquoi je demeure assis Ă mon aise, comme il convient Ă un mahout â non pas un simple chasseur ! â un mahout, dis-je, un homme qui obtient une pension Ă la fin de son service. Est-ce que la famille de Toomai des ĂlĂ©phants est faite pour se voir foulĂ©e aux pieds dans lâordure dâun keddah ? MĂ©chant ! Vilain ! Fils indigne ! Va-tâen laver Kala Nag, fais attention Ă ses oreilles, et vois sâil nâa pas dâĂ©pines dans les pieds ; autrement, Petersen Sahib tâattrapera, bien sĂ»r, et fera de toi un chasseur sauvage,⊠un de ces ĂȘtres qui suivent les pistes dâĂ©lĂ©phants, un ours de jungle. Pouah ! Fi donc ! va ! Petit Toomai sâen alla sans mot dire, mais il raconta tous ses griefs Ă Kala Nag, pendant quâil examinait ses pieds. â Cela ne fait rien, â dit Petit Toomai, en retournant le bord de son Ă©norme oreille droite â Ils ont dit mon nom Ă Petersen Sahib, et peut-ĂȘtre⊠peut-ĂȘtre⊠qui sait ?⊠AĂŻe ! voici une grosse Ă©pine que je tâai enlevĂ©e ! Les quelques jours suivants furent employĂ©s Ă rassembler les Ă©lĂ©phants, Ă promener entre deux Ă©lĂ©phants apprivoisĂ©s les animaux nouvellement pris, pour nâavoir pas trop dâennuis avec eux en descendant au Sud, vers les plaines, puis Ă rĂ©unir les couvertures, les cordes et tout ce qui avait pu ĂȘtre abĂźmĂ© ou perdu dans la forĂȘt. Petersen Sahib vint sur le dos de son intelligente Pudmini il Ă©tait allĂ© compter leur paye Ă dâautres camps dans les montagnes, car la saison tirait Ă sa fin ; et, maintenant assis Ă une table sous un arbre, un commis indigĂšne rĂ©glait leurs gages aux cornacs. Une fois payĂ©, chaque homme retournait Ă son Ă©lĂ©phant et rejoignait la ligne qui se tenait prĂȘte Ă partir. Les traqueurs, les chasseurs, les meneurs, tous les hommes du keddah rĂ©gulier, qui passent dans les jungles une annĂ©e sur deux, Ă©taient montĂ©s sur le dos des Ă©lĂ©phants appartenant aux forces permanentes de Petersen Sahib, ou bien, adossĂ©s au tronc des arbres, leur fusil en travers des bras ; ils plaisantaient les cornacs qui sâen allaient, et riaient quand les Ă©lĂ©phants nouvellement pris rompaient lâalignement pour courir de tous les cĂŽtĂ©s. Grand Toomai se dirigea vers le commis avec Petit Toomai derriĂšre lui, et Machua Appa, le chef des traqueurs, dit Ă demi voix Ă un de ses amis â VoilĂ de la bonne graine de chasseur qui sâenvole ! Câest une pitiĂ© dâenvoyer ce jeune coq de jungle muer dans les plaines. Or, Petersen Sahib avait des oreilles tout autour de la tĂȘte, comme doit en avoir un homme qui passe sa vie Ă Ă©couter le plus silencieux des ĂȘtres vivants, â lâĂ©lĂ©phant sauvage. Il se retourna sur le dos de Pudmini, oĂč il Ă©tait Ă©tendu de tout son long, et dit â Quâest-ce donc ? Je ne savais pas quâil y eĂ»t un homme parmi les chasseurs de la plaine, qui eĂ»t assez dâesprit pour lier mĂȘme un Ă©lĂ©phant mort. â Ce nâest pas un homme, mais un enfant. Il est entrĂ© dans le keddah, Ă la derniĂšre prise, et a jetĂ© la corde Ă Barmao que voilĂ , quand nous tĂąchions dâĂ©loigner de sa mĂšre ce jeune Ă©lĂ©phant qui a une verrue sur lâĂ©paule. Machua Appa dĂ©signa du doigt Petit Toomai, Petersen Sahib le regarda, et Petit Toomai salua jusquâĂ terre. â Lui, jeter une corde ? Il nâest pas plus haut quâune cheville Ă piquet⊠Petit, comment tâappelles-tu ? dit Petersen Sahib. Petit Toomai avait trop peur pour desserrer les dents, mais Kala Nag Ă©tait derriĂšre lui ; lâenfant fit un signe de la main, et lâĂ©lĂ©phant lâenleva dans sa trompe et le tint au niveau du front de Pudmini, en face du grand Petersen Sahib. Alors, Petit Toomai se couvrit le visage de ses mains, car il nâĂ©tait quâun enfant, et, sauf en ce qui touchait les Ă©lĂ©phants, il Ă©tait aussi timide quâun enfant peut lâĂȘtre. â Oh ! oh ! â dit Petersen Sahib en souriant sous sa moustache â et pourquoi as-tu appris Ă ton Ă©lĂ©phant ce tour-lĂ ? Est-ce pour tâaider Ă voler le blĂ© vert sur les toits des maisons, quand on met les Ă©pis Ă sĂ©cher ? â Pas le blĂ© vert, Protecteur du Pauvre⊠les melons, dit Petit-Toomai. Et tous les hommes assis Ă lâentour remplirent lâair dâune explosion de rires. La plupart dâentre eux avaient appris ce tour Ă leurs Ă©lĂ©phants, lorsquâils Ă©taient gamins. Petit Toomai Ă©tait suspendu Ă huit pieds en lâair, et il aurait dĂ©sirĂ© trĂšs fort ĂȘtre Ă huit pieds sous terre. â Câest Toomai, mon fils, Sahib ! â dit Grand Toomai, en fronçant les sourcils. â Câest un mĂ©chant enfant, et il finira en prison, Sahib. â Pour ça, tu me permettras dâen douter ! dit Petersen Sahib. Un garçon qui, Ă son Ăąge, peut affronter un plein keddah ne finit pas en prison⊠Tiens, petit, voici quatre annas pour acheter des bonbons, parce que tu as une vraie petite tĂȘte sous ce grand chaume de cheveux. Le moment venu, tu peux devenir un chasseur aussi. Grand Toomai fronça les sourcils plus fort que jamais. â Rappelle-toi, cependant, que les keddahs ne sont pas des endroits oĂč doivent jouer les enfants ! ajouta Petersen Sahib. â Est-ce quâil faudra nây jamais aller, Sahib ? demanda Petit Toomai avec un gros soupir. â Si ! â rĂ©pondit en souriant de nouveau Petersen Sahib. â Quand tu auras vu les Ă©lĂ©phants danser !⊠Ce sera le moment⊠Viens me trouver quand tu auras vu danser les Ă©lĂ©phants, et alors je te laisserai entrer dans tous les keddahs. Il y eut une autre explosion de rires, car la plaisanterie est vieille parmi les chasseurs dâĂ©lĂ©phants câest une façon de dire jamais. Il y a, cachĂ©es au loin dans les forĂȘts, de grandes clairiĂšres unies que lâon appelle les salles de bal des Ă©lĂ©phants », mais on ne les dĂ©couvre que par hasard, et nul homme nâa jamais vu les Ă©lĂ©phants danser. Lorsquâun chasseur se vante de son adresse et de sa bravoure, les autres lui disent â Et quand est-ce que tu as vu les Ă©lĂ©phants danser ? Kala Nag reposa Petit Toomai sur le sol, et lâenfant salua de nouveau trĂšs bas, sâen alla avec son pĂšre, et donna la piĂšce dâargent de quatre annas Ă sa mĂšre qui nourrissait un dernier nĂ©. Puis toute la famille prit place sur le dos de Kala Nag, et la file dâĂ©lĂ©phants, grognant, criant, se dĂ©roula le long du chemin de la montagne, vers la plaine. CâĂ©tait une marche trĂšs animĂ©e, Ă cause des nouveaux Ă©lĂ©phants, qui causaient de lâembarras Ă chaque guĂ©, et quâil fallait flatter ou battre toutes les deux minutes. Grand Toomai menait Kala Nag avec dĂ©pit, car il Ă©tait fort mĂ©content. Quant Ă Petit Toomai, il Ă©tait trop heureux pour parler Petersen Sahib lâavait remarquĂ© et lui avait donnĂ© de lâargent ; aussi Ă©prouvait-il ce quâĂ©prouverait un simple soldat appelĂ© hors des rangs pour recevoir des Ă©loges de son commandant en chef. â Quâest-ce que veut dire Petersen Sahib avec la danse des Ă©lĂ©phants ? demanda-il enfin doucement Ă sa mĂšre. Grand Toomai lâentendit et grommela â Que tu ne seras jamais un de ces buffles-de-montagne de traqueurs. VoilĂ ce quâil voulait dire⊠HĂ© ! lĂ -bas, vous, en tĂȘte, quâest-ce qui barre la route ? Un cornac, Ă deux ou trois Ă©lĂ©phants en avant, un homme de lâAssam, se retourna en criant avec colĂšre â AmĂšne Kala Nag, et cogne-moi sur ce jouvenceau que jâai lĂ , pour lui apprendre Ă se tenir. Pourquoi Petersen Sahib mâa-t-il choisi pour descendre avec vous autres, Ăąnes de riziĂšres !⊠Conduis ta bĂȘte sur le cĂŽtĂ©, Toomai, et laisse-la travailler des dĂ©fenses⊠Par tous les Dieux des montagnes, ces nouveaux Ă©lĂ©phants sont possĂ©dĂ©s⊠ou bien ils sentent leurs camarades dans la jungle ! Kala Nag frappa le nouveau dans les cĂŽtes, Ă lui en faire perdre le souffle, tandis que Toomai disait â Nous avons nettoyĂ© les montagnes dâĂ©lĂ©phants sauvages, Ă la derniĂšre chasse. Câest seulement la nĂ©gligence avec laquelle vous les conduisez. Est-ce que je suis chargĂ© de lâordre tout le long de la file ? â Ăcoutez-le ! cria lâautre cornac Nous avons nettoyĂ© les montagnes !⊠» Oh ! oh ! Vous ĂȘtes malins, vous autres, gens de la plaine. Tout le monde, sauf un cul-terreux qui nâa jamais vu la jungle, saurait ce quâils savent bien, eux, que la chasse est finie pour cette saison alors, ce soir, tous les Ă©lĂ©phants sauvages feront⊠â Mais pourquoi gaspiller ce quâon sait devant une tortue de riviĂšre ? â Quâest-ce quâils feront ? cria petit Toomai. â OhĂ© ! petit. Tu es donc lĂ ? Eh bien, je vais te le dire car toi, tu as du bon sens. Ils danseront, voilĂ ! Et ton pĂšre, qui a nettoyĂ© toutes les montagnes de tous les Ă©lĂ©phants, fera bien de mettre double chaĂźne Ă ses piquets, ce soir. â Quâest-ce quâil raconte ? fit Grand Toomai. Pendant quarante annĂ©es, de pĂšre en fils, nous avons gardĂ© les Ă©lĂ©phants, et nous nâavons jamais entendu parler de ces danses-lĂ . â Oui, mais un homme des plaines, qui vit dans une hutte, ne connaĂźt que les quatre murs de sa hutte⊠Eh bien, laisse tes Ă©lĂ©phants sans entraves, ce soir, tu verras ce qui arrivera. Quant Ă leur danse, jâai vu la place oĂč⊠Bapree bap ! combien de tournants a cette riviĂšre Dihang ? Voici encore un guĂ©, et il nous faut mettre les petits Ă la nage. Tenez-vous tranquilles, vous autres, lĂ -bas derriĂšre !⊠Ainsi causant, se querellant, et pataugeant Ă travers les riviĂšres, ils firent leur premiĂšre Ă©tape, jusquâĂ une sorte de camp destinĂ© Ă recevoir les nouveaux Ă©lĂ©phants. Mais ils avaient perdu patience, longtemps avant dây arriver. LĂ , les animaux furent enchaĂźnĂ©s par les jambes de derriĂšre aux lourdes masses des piquets ; on mit des cordes supplĂ©mentaires aux nouveaux ; on entassa devant eux le fourrage. Puis, les cornacs de la montagne retournĂšrent vers Petersen Sahib, sous le soleil de lâaprĂšs-midi, en recommandant aux hommes de la plaine dâĂȘtre exceptionnellement soigneux ce soir-lĂ ; et ils riaient lorsque ceux-ci leur en demandaient la raison. Petit Toomai surveilla le souper de Kala Nag ; et, comme le soir tombait, il erra Ă travers le camp, heureux au delĂ de toute expression, en quĂȘte dâun tam-tam. Lorsquâun enfant hindou se sent le cĆur en liesse, il ne court pas de tous les cĂŽtĂ©s et ne fait pas un vacarme dĂ©sordonnĂ©. Il sâassoit par terre, et se donne une petite fĂȘte Ă lui tout seul. Et Petit Toomai sâĂ©tait vu adresser la parole par Petersen Sahib ! Sâil nâavait pas trouvĂ© ce quâil cherchait, il en aurait fait une maladie. Mais le marchand de bonbons du camp lui prĂȘta un petit tam-tam â un tambour que lâon frappe du plat de la main, â et il sâassit par terre, les jambes croisĂ©es, devant Kala-Nag, au moment oĂč les Ă©toiles commençaient Ă paraĂźtre, le tam-tam sur ses genoux ; et il tambourina, tambourina, tambourina, et, plus il pensait au grand honneur qui lui avait Ă©tĂ© fait, plus il tambourinait, tout seul parmi le fourrage des Ă©lĂ©phants. Il nây avait ni air ni paroles, mais tambouriner le rendait heureux. Les nouveaux Ă©lĂ©phants tiraient sur les cordes, piaulaient de temps en temps et trompettaient, et il pouvait entendre sa mĂšre, dans la hutte du camp, qui endormait son petit frĂšre avec une vieille, vieille chanson sur le grand dieu Siva, lequel a dit jadis Ă tous les animaux ce quâils devaient manger⊠Câest une berceuse trĂšs douce et dont voici le premier couplet Shiv qui versa les moissons et qui fit souffler les vents, Assis aux portes en fleur dâun jour des anciens temps, Donnait Ă chacun sa part vivre, labeur, destinĂ©e, Du mendiant sur le seuil Ă la tĂȘte couronnĂ©e. Toutes choses a-t-il faites, Shiva le PrĂ©servateur, Mahadeo ! Mahadeo ! toutes choses LâĂ©pine pour le chameau roux, le foin pour les bĆufs du labour. Et le sein des mĂšres pour la tĂȘte endormie, ĂŽ petit fils de mon amour ! Petit Toomai accompagnait la chanson dâun joyeux tunk-a-tunk Ă la fin de chaque couplet, jusquâau moment oĂč il eut sommeil et sâĂ©tendit lui-mĂȘme sur le fourrage, Ă cĂŽtĂ© de Kala Nag. Enfin les Ă©lĂ©phants commencĂšrent Ă se coucher, lâun aprĂšs lâautre, selon leur coutume ; et bientĂŽt, Kala Nag, Ă la droite de la ligne, demeura seul debout il se balançait lentement, de ci de lĂ , les oreilles tendues en avant pour Ă©couter le vent du soir qui soufflait tout doucement Ă travers les montagnes. Lâair Ă©tait rempli de tous les bruits de la nuit, qui, rassemblĂ©s, font un seul grand silence le clic-clac dâune tige de bambou contre lâautre, le froufrou dâune chose vivante dans lâĂ©paisseur de la brousse, le grattement et le cri Ă©touffĂ© dâun oiseau Ă demi rĂ©veillĂ© les oiseaux sont Ă©veillĂ©s dans la nuit beaucoup plus souvent quâon ne pense, une chute dâeau ; trĂšs loin⊠Petit Toomai dormit quelque temps⊠Quand il sâĂ©veilla, il faisait un Ă©clatant clair de lune, et Kala Nag veillait toujours, debout, les oreilles dressĂ©es. Petit Toomai se retourna dans le fourrage bruissant, et considĂ©ra la courbe de lâĂ©norme dos sur le ciel dont il cachait la moitiĂ© des Ă©toiles ; et, pendant quâil regardait, il entendit, si loin que ce bruit faisait Ă peine comme une piqĂ»re dâĂ©pingle dans le silence, lâappel de cor dâun Ă©lĂ©phant sauvage. Tous les Ă©lĂ©phants, dans les lignes, sautĂšrent sur leurs pieds, comme frappĂ©s dâune balle, et leurs grognements finirent par rĂ©veiller les mahouts endormis ; ceux-ci sortirent et frappĂšrent sur les chevilles des piquets avec de gros maillets, puis serrĂšrent telle corde et nouĂšrent telle autre, et tout redevint tranquille. Un des nouveaux Ă©lĂ©phants avait presque dĂ©chaussĂ© son piquet Grand Toomai enleva la chaĂźne de Kala Nag, la mit Ă lâautre comme entrave, le pied de devant reliĂ© au pied de derriĂšre, puis il enroula une tresse dâherbe Ă la jambe de Kala Nag, et lui dit de ne pas oublier quâil Ă©tait attachĂ© solidement. Il savait que lui-mĂȘme, son pĂšre et son grand-pĂšre, avaient fait la mĂȘme chose bien des centaines de fois. Kala Nag ne rĂ©pondit pas Ă cet ordre par son glouglou habituel. Il resta immobile, regardant au loin Ă travers le clair de lune, la tĂȘte un peu relevĂ©e, les oreilles dĂ©ployĂ©es comme des Ă©ventails, vers les grandes ondulations que faisaient les montagnes de Garo. â Fais-y attention, sâil est agitĂ© cette nuit ! dit Grand Toomai Ă Petit Toomai. Et il rentra dans la hutte et se rendormit. Petit Toomai Ă©tait juste sur le point de se rendormir aussi, quand il entendit la corde de caire fibre de cocotier se rompre avec un petit tintement. Et Kala Nag roula hors de ses piquets, aussi lentement et silencieusement que roule un nuage hors dâune vallĂ©e. Petit Toomai trottina derriĂšre lui, nu-pieds sur la route, dans le clair de lune, appelant Ă voix basse â Kala Nag ! Kala Nag ! Prends-moi avec toi, ĂŽ Kala Nag ! LâĂ©lĂ©phant se retourna, sans bruit, revint de trois pas en arriĂšre, abaissa sa trompe, enleva lâenfant sur son cou, et, avant que Petit Toomai eĂ»t seulement fixĂ© ses genoux, il se glissait dans la forĂȘt. Il vint des lignes une fanfare de furieux barrissements ; puis, le silence se referma sur toutes choses, et Kala Nag se mit en marche. Quelquefois une touffe de hautes herbes balayait ses flancs tout du long comme une vague balaye les flancs dâun navire, et quelquefois un bouquet pendant de poivriers sauvages grattait son dos dâun bout Ă lâautre, ou bien un bambou craquait au frĂŽlement de son Ă©paule ; mais, entre temps, il se mouvait sans aucun bruit, dĂ©rivant Ă travers lâĂ©paisse forĂȘt de Garo comme Ă travers une fumĂ©e. Il suivait une route montante, mais, bien que Petit Toomai guettĂąt les Ă©toiles par les Ă©claircies des arbres, il nâeĂ»t pu dire dans quelle direction. Enfin Kala Nag atteignit la crĂȘte et sâarrĂȘta une minute, et Petit Toomai put voir les cimes des arbres, comme une fourrure tachetĂ©e qui sâĂ©tendait sous le clair de lune Ă des milles et des milles, et le brouillard dâun blanc bleuĂątre, sur la riviĂšre, dans le fond. Toomai se pencha en avant, regarda, et il sentit que la forĂȘt Ă©tait Ă©veillĂ©e au-dessous de lui, Ă©veillĂ©e, vivante et pleine dâĂȘtres. Une de ces grosses chauves-souris brunes, qui se nourrissent de fruits, lui effleura lâoreille ; les piquants dâun porc-Ă©pic cliquetĂšrent sous bois ; et, dans lâobscuritĂ©, entre les troncs dâarbres, il entendit un sanglier qui fouillait avec ardeur la chaude terre molle et flairait en fouillant. Puis les branches se refermĂšrent sur sa tĂȘte, et Kala Nag se mit Ă descendre la pente de la vallĂ©e, non plus paisiblement, cette fois, mais comme un canon Ă©chappĂ© descend un talus Ă pic, dâun Ă©lan. Les Ă©normes membres se mouvaient avec une rĂ©gularitĂ© de pistons, par enjambĂ©es de huit pieds, et lâon entendait des froissements de peau ridĂ©e au pli des articulations. Les broussailles Ă©ventrĂ©es craquaient de chaque cĂŽtĂ© avec un bruit de toile dĂ©chirĂ©e ; les jeunes pousses quâil Ă©cartait de droite et de gauche avec ses Ă©paules rebondissaient en arriĂšre et lui cinglaient les flancs ; de grandes traĂźnĂ©es de lianes emmĂȘlĂ©es et compactes pendaient de ses dĂ©fenses, tandis quâil jetait la tĂȘte de part et dâautre et se creusait son chemin. Alors, Petit Toomai sâaplatit contre le grand cou, de peur quâune branche ballante ne le balayĂąt sur le sol, et il souhaita se retrouver encore dans les lignes. Lâherbe devenait marĂ©cageuse, et les pieds de Kala Nag pompaient et collaient Ă terre quand ils les posait, et le brouillard de la nuit, au fond de la vallĂ©e, glaçait Petit Toomai. Il y eut des Ă©claboussures et un pataugement, une poussĂ©e dâeau rapide, et Kala Nag entra dans le lit dâune riviĂšre, en tĂątant sa route Ă chaque pas. Par-dessus le bruit du courant qui tourbillonnait autour des fortes jambes, Petit Toomai pouvait entendre dâautres Ă©claboussures et de nouvelles fanfares en amont et en aval, des grognements Ă©normes, des ronflements de colĂšre ; et, dans le tout alentour, comme des vagues, roulaient des brouillards ombres. â HĂ© ! dit-il Ă demi-voix, et ses dents claquĂšrent. Le peuple des Ă©lĂ©phants est dehors ce soir. Câest la danse, alors ! Kala Nag sortit de lâeau avec fracas, souffla dans sa trompe pour lâĂ©claircir, et commença une nouvelle ascension ; mais cette fois, il nâĂ©tait plus seul, et nâavait plus Ă se frayer de chemin. CâĂ©tait dĂ©jĂ chose faite sur six pieds de large, en droite ligne devant lui, toute courbĂ©e, lâherbe de la jungle essayait de se redresser et de se tenir. Beaucoup dâĂ©lĂ©phants devaient avoir suivi cette voie quelques minutes auparavant. Petit Toomai se retourna, et, derriĂšre lui, un grand sauvage porte-dĂ©fenses, aux petits yeux de pourceau, brillants comme la braise, Ă©mergeait tout juste de la riviĂšre embrumĂ©e. Puis, les arbres se refermĂšrent encore, et ils continuĂšrent de monter, avec des fanfares et des cris et le bruit des branches brisĂ©es tout alentour. Ă la fin, Kala Nag sâarrĂȘta entre deux troncs dâarbres, au sommet de la montagne ils faisaient partie dâune enceinte poussĂ©e autour dâun espace irrĂ©gulier de trois ou quatre acres environ, et, sur tout cet espace, Petit Toomai pouvait le voir, le sol avait Ă©tĂ© foulĂ© jusquâĂ devenir aussi dur quâun carrelage de briques. Quelques arbres sâĂ©levaient au centre de la clairiĂšre, mais leur Ă©corce Ă©tait usĂ©e, et le bois mĂȘme apparaissait au-dessous, brillant et poli, sous les taches de clair de lune. Des lianes pendaient des branches supĂ©rieures, dont les fleurs en forme de cloches, grands liserons dâun blanc de cire, tombaient comme alourdis de sommeil jusquâĂ terre. Mais, dans les limites de la clairiĂšre, il nây avait pas un brin de verdure rien que la terre foulĂ©e ; le clair de lune lui donnait une teinte gris fer, exceptĂ© çà et lĂ oĂč se tenaient quelques Ă©lĂ©phants dont les ombres Ă©taient noires comme de lâencre. Petit Toomai regardait en retenant sa respiration, les yeux presque hors de la tĂȘte ; et, tandis quâil regardait, des Ă©lĂ©phants toujours plus nombreux sortaient dâentre les troncs dâarbres, en se balançant, pour entrer dans lâespace ouvert. Petit Toomai ne savait compter que jusquâĂ dix ; il compta et recompta sur ses doigts, jusquâĂ ce quâil perdĂźt son compte de dizaines, et la tĂȘte commença de lui tourner. En dehors de la clairiĂšre, il pouvait entendre le fracas des Ă©lĂ©phants dans la brousse, comme ils se frayaient un chemin vers le sommet de la montagne ; mais, aussitĂŽt arrivĂ©s dans le cercle des troncs dâarbres, ils se mouvaient comme des fantĂŽmes. Il y avait lĂ des mĂąles sauvages aux dĂ©fenses blanches, avec des feuilles mortes, des noix et des branchettes restĂ©es dans les plis de leurs cous et de leurs oreilles ; de grasses femelles nonchalantes avec leurs petits Ă©lĂ©phants dâun noir rosĂ©, hauts de trois ou quatre pieds Ă peine, qui ne pouvaient rester en place et couraient sous leurs mamelles ; de jeunes Ă©lĂ©phants dont les dĂ©fenses commençaient juste Ă pointer, et qui sâen montraient tout fiers ; de flasques et maigres femelles, restĂ©es vieilles filles, avec leurs inquiĂštes faces creuses et des trompes dâĂ©corce rude ; de vieux solitaires sillonnĂ©s, de lâĂ©paule au flanc, des cicatrices et des balafres dâautrefois, et les gĂąteaux de boue de leurs baignades Ă lâĂ©cart pendant encore de leurs Ă©paules ; et il y avait un Ă©lĂ©phant avec une dĂ©fense brisĂ©e et les marques du plein assaut, le terrible sillon des griffes dâun tigre Ă son flanc. Ils se faisaient vis-Ă -vis, ou se promenaient de long en large, deux Ă deux, ou restaient Ă se balancer et Ă se dandiner tout seuls. Il y en avait des vingtaines et des vingtaines. Toomai savait quâaussi longtemps quâil resterait tranquille sur le cou de Kala Nag, aucun mal ne pouvait lui arriver car un Ă©lĂ©phant sauvage, mĂȘme dans lâavalanche du keddah, ne lĂšverait pas sa trompe pour arracher un homme du cou dâun Ă©lĂ©phant apprivoisĂ© ; et ceux-lĂ ne pensaient guĂšre aux hommes cette nuit. Un moment, ils tressaillirent et dressĂšrent les oreilles en avant on entendait sonner les fers dâun anneau de pied dans la forĂȘt. Mais câĂ©tait Pudmini, lâĂ©lĂ©phante favorite de Petersen Sahib, sa chaĂźne cassĂ©e court, qui gravissait, grognant et soufflant, le flanc de la montagne ; elle devait avoir brisĂ© ses piquets, et venir droit du camp de Petersen Sahib. Et Petit Toomai vit un autre Ă©lĂ©phant, quâil ne connaissait pas, avec de profondes Ă©corchures faites par les cordes sur le dos et le poitrail. Lui aussi devait sâĂȘtre Ă©chappĂ© dâun camp Ă©tabli dans les montagnes dâalentour. Enfin on nâentendit plus dâĂ©lĂ©phants marcher dans la forĂȘt, et Kala Nag roula pesamment dâentre les arbres et sâavança au milieu de la foule, gloussant et gargouillant ; et tous les Ă©lĂ©phants commencĂšrent Ă sâexprimer dans leur langage et Ă se mouvoir çà et lĂ . Toujours couchĂ©, Petit Toomai dĂ©couvrait des vingtaines et des vingtaines de larges dos, des oreilles branlantes, des trompes ballottantes, et de petits yeux roulants. Il entendait le cliquetis des dĂ©fenses lorsquâelles sâentrecroisaient par hasard ; le bruissement sec des trompes enlacĂ©es ; le frottement des flancs et des Ă©paules Ă©normes, dans la cohue ; lâincessant flic flac et le hissh des grandes queues. Puis, un nuage couvrit la lune, et ce fut la nuit noire ; mais les poussĂ©es, les froissements et les gargouillements nâen continuĂšrent pas moins, paisibles et rĂ©guliers. Lâenfant savait Kala Nag entourĂ© dâĂ©lĂ©phants, et ne voyait aucune chance de le faire sortir de lâassemblĂ©e ; il serra les dents et frissonna. Dans un keddah au moins, il y avait la lumiĂšre des torches et les cris, mais, ici, il Ă©tait tout seul dans les tĂ©nĂšbres, et, une fois, une trompe se leva et lui toucha le genou. Ensuite un Ă©lĂ©phant trompeta, et tous lâimitĂšrent pendant cinq ou dix terribles secondes. La rosĂ©e pleuvait des arbres, en larges gouttes, sur les dos invisibles. Et un bruit sâĂ©leva, sourd grondement peu prononcĂ© dâabord, et Petit Toomai nâaurait pu dire ce que câĂ©tait ; le bruit monta, monta, et Kala Nag levait ses pieds de devant lâun aprĂšs lâautre, et les reposait sur le sol, â une, deux, une deux ! â avec autant de prĂ©cision que des marteaux de forge. Les Ă©lĂ©phants frappaient du pied maintenant tous ensemble, et cela sonnait comme un tambour de guerre battu Ă la bouche dâune caverne. La rosĂ©e tombait toujours des arbres, jusquâau moment oĂč il nâen resta plus sur les feuilles ; et le sourd roulement continuait, le sol oscillait et frissonnait, si bien que Petit Toomai mit ses mains sur ses oreilles pour ne plus entendre. Mais câĂ©tait toute une vibration, immense, qui le parcourait tout entier, le heurt de ces centaines de pieds si lourds sur la terre Ă cru. Une fois ou deux, il sentit Kala Nag et tous les autres avancer de quelques pas, et le pilonnement devint alors un bruit de verdures Ă©crasĂ©es, dont la sĂšve giclait ; mais, une minute ou deux plus tard, câĂ©tait de nouveau le roulement des pieds sur la terre durcie. Un arbre craquait et gĂ©missait quelque part prĂšs de lui. Il tendit le bras et sentit lâĂ©corce, mais Kala Nag avança, toujours piĂ©tinant, et lâenfant ne savait plus oĂč il Ă©tait dans la clairiĂšre. Les Ă©lĂ©phants ne donnaient plus signe de vie. Une fois seulement, deux ou trois petits piaillĂšrent ensemble ; alors, il entendit un coup sourd et le bruit dâune bagarre, et le pilonnement reprit. Maintenant, il y avait bien deux grandes heures que cela durait, et Petit Toomai souffrait dans chacun de ses nerfs ; mais il sentait, Ă lâodeur de lâair, dans la nuit, que lâaube allait venir. Le matin parut en une nappe de jaune pĂąle derriĂšre les collines vertes ; et, avec le premier rayon, le piĂ©tinement sâarrĂȘta, comme si la lumiĂšre eĂ»t Ă©tĂ© un ordre. Avant que le bruit eĂ»t fini de rĂ©sonner dans la tĂȘte de Petit Toomai, avant mĂȘme quâil eĂ»t changĂ© de position, il nây avait plus en vue un seul Ă©lĂ©phant, sauf Kala Nag, Pudmini et lâĂ©lĂ©phant marquĂ© par les cordes ; et aucun signe, aucun murmure ni chuchotement sur les pentes des montagnes, ne laissait deviner oĂč les autres sâen Ă©taient allĂ©s. Toomai regarda de tous ses yeux. La clairiĂšre, autant quâil sâen souvenait, sâĂ©tait Ă©largie pendant la nuit. Il y avait un grand nombre dâarbres debout dans le milieu, mais lâenceinte de broussaille et dâherbe de jungle avait Ă©tĂ© reculĂ©e. Petit Toomai regarda une fois encore ; maintenant il comprenait le pilonnement. Les Ă©lĂ©phants avaient Ă©largi lâespace foulĂ©, rĂ©duit en litiĂšre, Ă force de piĂ©tiner, lâherbe Ă©paisse et les cannes juteuses, la litiĂšre en brindilles, les brindilles en fibres menues, et les fibres en terre durcie. â Ouf ! dit Petit Toomai, â et ses paupiĂšres lui semblaient trĂšs lourdes ; â Kala Nag, monseigneur, ne quittons pas Pudmini, et retournons au camp de Petersen Sahib, ou bien je vais tomber de ton cou. Le troisiĂšme Ă©lĂ©phant regarda partir les deux autres, renĂącla, fit volte-face, et reprit la route par laquelle il Ă©tait venu. Il devait appartenir Ă quelque Ă©tablissement de petit prince indigĂšne, Ă cinquante, soixante ou cent milles de lĂ . Deux heures plus tard, comme Petersen Sahib prenait son premier dĂ©jeuner, ses Ă©lĂ©phants, dont les chaĂźnes avaient Ă©tĂ© doublĂ©es cette nuit-lĂ , commencĂšrent Ă trompeter, et Pudmini, crottĂ©e jusquâaux Ă©paules, avec Kala Nag clopinant sur ses pieds endoloris, firent leur entrĂ©e dans le camp. Le visage de Petit Toomai Ă©tait blĂȘme et tirĂ©, sa chevelure pleine de feuilles et trempĂ©e de rosĂ©e, mais lâenfant fit le geste de saluer Petersen Sahib, et cria dâune voix dĂ©faillante â La danseâŠ, la danse des Ă©lĂ©phants ! Je lâai vue⊠et je meurs ! Et comme Kala Nag se couchait, il glissa de son dos, Ă©vanoui. Mais les enfants indigĂšnes nâont pas de nerfs dont il vaille la peine de parler au bout de deux heures, il se rĂ©veillait, confortablement allongĂ© dans le hamac de Petersen Sahib, avec la veste de chasse de Petersen Sahib sous la tĂȘte, un verre de lait chaud additionnĂ© dâun peu dâeau-de-vie et dâune pointe de quinine dans le ventre ; et, tandis que les vieux chasseurs des jungles, velus et balafrĂ©s, assis sur trois rangs de profondeur devant lui, le regardaient comme sâil Ă©tait un revenant, il raconta son histoire en mots naĂŻfs, Ă la maniĂšre des enfants, et conclut â Maintenant, si je mens dâun seul mot, envoyez des hommes pour voir ; et ils trouveront que les Ă©lĂ©phants, en piĂ©tinant, ont agrandi leur salle de bal, et ils trouveront des dizaines et des dizaines et beaucoup de fois de dizaines de traces conduisant Ă cette salle de bal. Ils lâont agrandie avec leurs pieds. Je lâai vu. Kala Nag mâa pris avec lui, et jâai vu. MĂȘme, Kala Nag a les jambes trĂšs fatiguĂ©es. Petit Toomai se renversa en arriĂšre et dormit tout lâaprĂšs-midi, et dormait encore au crĂ©puscule ; et, pendant quâil dormait, Petersen Sahib et Machua Appa suivirent la trace des deux Ă©lĂ©phants, sur un parcours de quinze milles Ă travers les montagnes. Petersen Sahib avait passĂ© dix-huit ans de sa vie Ă prendre des Ă©lĂ©phants, et il nâavait quâune seule fois jusque-lĂ dĂ©couvert une semblable salle de bal. Machua Appa nâeut pas besoin de regarder deux fois la clairiĂšre pour voir ce qui sâĂ©tait passĂ©, ni de gratter de lâorteil la terre compacte et battue. â Lâenfant dit vrai, prononça-t-il. Tout cela sâest fait la nuit derniĂšre, et jâai comptĂ© soixante-dix pistes qui traversent la riviĂšre. Voyez, Sahib, oĂč lâanneau de fer de Pudmini a entamĂ© lâĂ©corce de cet arbre ! Oui, elle Ă©tait lĂ aussi. Ils sâentre-regardĂšrent, puis leurs yeux errĂšrent de haut en bas ; et ils sâĂ©merveillĂšrent car les coutumes des Ă©lĂ©phants dĂ©passent la portĂ©e dâesprit dâaucun homme noir ou blanc. â Quarante-cinq annĂ©es, â dit Machua Appa, â jâai suivi monseigneur lâĂlĂ©phant, mais jamais je nâai entendu dire quâun enfant dâhomme ait vu ce que cet enfant a vu. Par tous les dieux des montagnes, câest⊠que peut-on dire ?⊠Et il secoua la tĂȘte. Lorsquâils revinrent au camp, câĂ©tait lâheure du souper. Petersen Sahib mangeait seul dans sa tente, mais il donna des ordres pour quâon distribuĂąt deux moutons et quelques volailles, avec une double ration de farine, de riz et de sel, car il savait quâil y aurait fĂȘte. Grand Toomai, en toute hĂąte, Ă©tait montĂ© de la plaine pour se mettre en quĂȘte de son fils et de son Ă©lĂ©phant, et, maintenant quâil les avait trouvĂ©s, il les regardait comme sâil avait eu peur de tous deux. Et il y eut fĂȘte, en effet, autour des grands feux de camp qui flambaient sur le front des lignes dâĂ©lĂ©phants au piquet, et Petit Toomai en fut le hĂ©ros. Les grands chasseurs dâĂ©lĂ©phants, Ă la peau bronzĂ©e, traqueurs, conducteurs et lanceurs de cordes, et ceux qui savent tous les secrets pour dompter les Ă©lĂ©phants les plus sauvages, se le passĂšrent lâun Ă lâautre, et lui firent une marque sur le front avec le sang du cĆur mĂȘme dâun coq de jungle fraĂźchement tuĂ©, pour montrer quâil Ă©tait un forestier, initiĂ©, Ă prĂ©sent, et libre dans toute lâĂ©tendue des jungles. Et, Ă la fin, quand les flammes tombĂšrent et moururent, et quâaux reflets rouges de la braise les Ă©lĂ©phants apparurent comme sâils avaient Ă©tĂ© trempĂ©s aussi dans le sang, Machua Appa, le chef de tous les rabatteurs de tous les keddahs, Machua Appa, lâAlter ego de Petersen Sahib, qui nâavait jamais vu une route tracĂ©e en quarante ans, Machua Appa, si grand, si grand, quâon ne lâappelait jamais autrement que Machua Appa, sauta sur ses pieds en Ă©levant Petit Toomai Ă bout de bras au-dessus de sa tĂȘte, et cria â Ăcoutez, frĂšres ! Ăcoutez aussi, vous, messeigneurs, lĂ , dans les lignes, car câest moi, Machua Appa, qui parle ! Ce petit ne sâappellera plus Petit Toomai, mais Toomai des ĂlĂ©phants, comme son arriĂšre-grand-pĂšre fut appelĂ© avant lui. Ce que jamais homme nâa vu, il lâa vu durant la longue nuit, et la faveur du peuple Ă©lĂ©phant et des dieux des jungles est avec lui. Il deviendra un grand traqueur, il deviendra plus grand que moi, oui moi, Machua Appa ! Il suivra la piste fraĂźche, la piste Ă©ventĂ©e et la piste mĂȘlĂ©e, dâun Ćil clair ! Il ne lui arrivera pas de mal dans le keddah lorsquâil courra sous le ventre des solitaires afin de les garrotter, et sâil glisse sous les pieds dâun mĂąle en train de charger, le mĂąle le reconnaĂźtra et ne lâĂ©crasera pas. Aihai ! messeigneurs, ici prĂšs dans les chaĂźnes, â cria-t-il en courant sur le front de la ligne de piquets, â voici le petit qui a vu vos danses au fond de vos retraites cachĂ©es, le spectacle que jamais homme ne vit ! Rendez-lui hommage, messeigneurs, Salaam Karo, mes enfants. Faites votre salut Ă Toomai des ĂlĂ©phants ! Gunya Pershad, ahaa ! Hira Guj, Birchi Guj, ahaa !⊠Et toi, Pudmini, tu lâas vu Ă la danse ; et toi aussi, Kala Nag, ĂŽ ma perle des ĂlĂ©phants !⊠Ahaa ! Ensemble ! Ă Toomai des ĂlĂ©phants ! Barrao ! Et au signal de cette clameur sauvage, la ligne entiĂšre des Ă©lĂ©phants leva ses trompes jusquâĂ ce que le bout de chacun touchĂąt le front, et ils entonnĂšrent le plein salut, lâĂ©clatante salve de trompettes, que seul entend le vice-roi des Indes, le Salaamut du Keddah. Mais, cette fois en lâunique honneur de Petit Toomai, qui avait vu ce que jamais homme ne vit auparavant, la danse des Ă©lĂ©phants, la nuit, tout seul, au cĆur des montagnes de Garo !
MatĂ©riel Veuillez vous connecter pour pouvoir voir ce contenu CatĂ©gorie MatĂ©rielType Corde en laine Descriptions Mise en place une ligne de papier collant par terre attacher les cordes en laine autour de la taille de chaque enfant et laisser pendre une queue dâĂ©lĂ©phant Paroles Mouvements En secondes 0 Ă 18 introduction instrumentale entrer depuis un bord de la salle, marcher partout dans la salle trompe dâĂ©lĂ©phant 18 Ă 27 Câest la marche⊠aller sur la ligne et tenir la queue de lâenfant devant soi marcher en Ă©pingle 27 Ă 31 partie instrumentale lĂącher la queue 31 Ă 39 Tiens la queue pivoter pieds en ouvrant les bras en soleil et en regardant alternativement lâenfant devant et derriĂšre soi RĂ©pĂ©ter 4x le tout Ă©chauffement 8, Ă©chauffement 9 Comportement Distribuer un accessoire Ă chaque enfant Debout Les musiques
Pendant le jour il dort debout .. Qui ça ? Le hiboux ! Il a une queue en tire bouchon .. Qui ça ? Le Cochon ! Il se dandine prĂšs de la marre .. Qui ça ? Le canard ! Il n'a pas peur du hameçon .. Qui ça ? Le poisson ! C'est la marche des animaux, du plus petit au plus gros, ils sont venus de tout les coins, pour chanter ce gay refrain .. Elle a un cou comme une carafe .. Qui ça ? La girafe ! Il a des pantalon bouffant .. Qui ça ? L'Ă©lĂ©phant ! Il aime dormir en peloton .. Qui ça ? Le chaton ! De bon fromage elle se nourrit .. Qui ça ? La souris ! C'est la marche des animaux, du plus petit au plus gros, ils sont venus de tout les coins, pour chanter ce gay refrain .. Elle prend son vole Ă tire d'ailes .. Qui ça ? L'hirondelle ! Sur sa banquise il n'a pas chaud .. Qui ça ? Le manchot ! L'hiver elle dort sous une motte .. Qui ça ? La marmotte ! Il marche en s'emmĂȘlant les pattes .. Qui ça ? Le mille pattes ! C'est la marche des animaux, du plus petit au plus gros, ils sont venus de tout les coins, pour chanter ce gay refrain .. C'est la marche des animaux, du plus petit au plus gros, ils sont venus de tout les coins, pour chanter ce gay refrain ..
c est la marche des éléphants paroles